• Les Héritiers de Rapsody, Tome 1, chapitre 1

    Les Héritiers de Rapsody, Tome 1, chapitre 1

     

    Chapitre 1

     

    Elvenpark était réputée pour ses joyaux hors de prix mais aussi pour accueillir la royauté vampirique du Royaume de Rapsody. Ils avaient élus domicile dans cette petite bourgade à la fin du 17ième siècle et y régnaient en maître réduisant les humains en esclavage ou en hors d’œuvre. Chaque année les soldats de la garde royale descendaient de la colline où ils vivaient, pour se rendre au village faire la récolte en chair fraîche. Et ce jour venait d’arriver…

    Hope tendit l’oreille puis s’appuya sur une branche de l’arbre pour mieux apercevoir la route et vit avec effroi, que l’heure était venue. La récolte allait bientôt avoir lieu et si elle ne se trouvait pas dans le village parmi l’appel, elle risquait de causer sa mort mais aussi celle de sa famille. Elle referma son livre, le rangea dans son sac et sauta de l’arbre avant de se mettre à courir direction le village tout en maudissant le soleil de ne pas l’avoir prévenue de sa disparition. Elle couru tout droit à travers la foret tout en plissant les yeux pour éviter de trébucher sur une racine. Lorsqu’elle arriva enfin devant l’entrée du village, le messager du roi sortit de la voiture de tête suivit de près par des soldats aux yeux rouges. Soit des vampires de second rang. Les vampires de second rang étaient des humains changés en vampires. Tous étaient dotés de yeux rouges et ne répondait qu’à une seule et même personne, leur créateur. Dans leur cas ce créateur était tout simplement le Roi Kilian ou ses progénitures de fils.

    Hope aperçut ses parents et sa sœur et se dirigea droit vers eux.

    -         Où étais-tu passée ? murmura sa mère en voyant Hope se poster à côté de son père.

    -         Je n’ai pas vu l’heure passé.

    -         C’était bien le moment !

    Le messager se racla la gorge et déplia un rouleau de papier avant de parler d’une voix haute et claire.

    -         Sa sainteté, le Roi Kilian a bien examiné la nouvelle liste de cette année et son choix a été fait. Trente villageois de Elvenpark seront appelés à servir la royauté mais aussi les autres dirigeants du royaume de Rapsody. À votre nom, merci de vous présentez devant le fourgon.

    -         Trente personnes, murmura la mère de Hope. C’est plus que l’année dernière.

    -         Le nombre leur importe peu à eux tant qu’ils ont quelque chose sous la dent, répliqua Hope amèrement. 

    -         Chut. Ils risquent de t’entendre.

    -          Et alors qu’est-ce que…

    Hope se raidit en entendant le nom de sa grande sœur.

    -         Non. Ils ne peuvent pas, dit la mère de Hope d’une voix chevrotante. Elle n’est pas en état…

    La jeune femme regarda sa sœur qui se balançait d’avant en arrière tout en croisant les bras sur elle. Un garde se dirigea vers elle et essaya de la toucher mais celle-ci se mit à crier tout en mettant ses mains sur ses oreilles.

    -         Ne la touchez pas ! Cria Hope en se mettant entre le garde et sa sœur qui se tapait sur la tête recroquevillée sur elle-même.

    -         Éloignez-vous, humaine.

    -         Vous ne voyez pas qu’elle n’est pas en état de vous suivre !

    -         Hope, chuchota son père.

    -         Que se passe-t-il ici ? Cria le messager.

    -         Cette humaine est folle et l’autre se rebelle.

    -         Tuez donc la folle et embarquez la rebelle, dit-il en poursuivant la liste.

    Le garde poussa Hope violement sur le côté et se dirigea vers sa sœur. Hope se redressa d’un bond et sauta sur le dos du garde qui essaya de la faire descendre mais peine perdu. Celle-ci avait planté ses doigts dans le cou du garde et le tapait de toutes ses forces. Elle lâcha un cri de satisfaction lorsque le garde poussa un cri de douleur. Son léger triomphe s’envola lorsqu’elle fut arrachée du dos du gardien pour se retrouver maintenu par deux gardes.

    -         Ne vous approchez pas d’elle ! Cracha Hope.

    Le garde attrapa sa sœur par le cou et la souleva du sol avant d’ouvrir la bouche révélant deux immenses canines.

    -         Angela ! Cria Hope qui essayait de se libérer de l’emprise des deux gardes.

    -         Il suffit.

    Le garde referma la bouche immédiatement avant de se prosterner tout en tenant toujours fermement Angela par la gorge.

    Hope se dévissa la tête pour essayer de voir qui venait de parler et aperçut un garçon d’une vingtaine d’année accoudé contre une Chevrolet décapotable rouge. Celui-ci était élancé, à la fois maigre mais musclé. La peau blanche comme la neige et des cheveux blonds comme les rayons du soleil. Ses yeux quant à eux étaient aussi bleus que les lagons de l’île de Malte. Le blondinet se redressa et marcha d’une démarche gracieuse vers Hope.

    -         Lâchez-la.

    Les gardes obéirent et lâchèrent Hope qui se rattrapa avec ses mains sous peine de se fracasser le nez contre le sol bitumé. Elle grimaça en sentant les écorchures sur ses paumes de mains mais reporta vite son attention sur sa sœur qui s’était de nouveau mis dans la position dans laquelle elle se trouvait avant que le garde ne se jette sur elle.

    -         Je dois dire que je n’ai pas vu pareille distraction depuis une éternité.

    -         Vous…

    Le blondinet leva la main et intima le messager à se taire. 

    -         Quel est ton nom, humaine ?

    -         Ne devriez-vous pas donner le votre en premier ? lui répondit Hope avec un regard plein de haine.

    -         Petite idiote, tu…

    Le messager s’arrêta de parler de nouveau lorsque le blondinet leva de nouveau la main.

    -         Ton assurance est impressionnante mais ma patience à des limites et je te conseille de ne pas l’atteindre, humaine. À moins que tu veuilles assister à la mort de ta famille.

    Hope se raidit en entendant ses paroles. Elle tourna la tête vers eux. Sa mère était en train de la supplier du regard de lui répondre sans faire de vague. Son père quant à lui  priait sûrement en silence résigner à voir bientôt leur propre fin arriver.

    -         Hope Overfire, répondit elle en posant ses yeux sur sa sœur.

    -         Je vais te donner le choix Hope Overfire. Qui souhaites-tu sauver ? Toi…ou ta famille ?

    -         Quoi ?

    -         Qui dois-je tuer ? Toi ou eux ? Choisis. Mais fait vite. Mon temps est précieux.

    Hope plissa des yeux essayant de trouver l’entourloupe dans tout ça. D’un côté, si elle disait sa famille, il allait les tuer pour ensuite la torture jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et si elle répondait, elle, alors il allait sûrement… les tuer tous les deux aussi. C’était un cercle vicieux. Dès l’instant où elle avait sauté sur ce garde royal, elle avait signé son arrêt de mort mais aussi celle de sa famille. Hope se mordit la joue en voyant le sourire en coin du jeune homme. Ce type était en train de jouer avec ses nerfs et il adorait ça.

    Elle compta jusqu’à cinq pour essayer de trouver une issue de secours à la situation désastreuse dans lequel elle venait de se fourrer à cause de son mauvais caractère mais

     au lieu de réfléchir son corps réagit à la place. Elle se jeta sur le blondinet qui la maintient sans la moindre difficulté un sourire satisfait sur le visage.

    -         On dirait qu’on va bien s’amuser ensemble, dit-il avant de s’adresser aux gardes qui la maintenait. Amenez-là et ne vous avisez pas à lui faire du mal.

    -         Votre altesse, le Roi a dit…

    Hope cligna des yeux à la fois surprise et choqué d’entendre le messager l’appeler ainsi. Elle compris enfin le regard que son père lui lançait tout à l’heure. Ce n’était pas des prières qu’il faisait mais il la mettait en garde sur qui il était. Elle tourna la tête et vit le garde qui avait agrippé le cou de sa sœur toujours prosterné. Comment avait-elle pu ne pas comprendre du premier coup en voyant cet enfoiré lâcher subitement sa sœur juste sur une simple demande ! Elle se maudit intérieurement elle et son sale caractère. Dans quel guêpier s’était-elle mise encore ? Elle qui croyait s’être mis à dos le fils d’un représentant du Royaume de Rapsody elle était loin du compte. Elle aurait préféré d’ailleurs tomber 10 000 fois sur la progéniture d’un représentant que sur un membre royal qui était réputée pour leur brutalité sanguinaire…

    -         Je me fiche de ce que mon père a dit. Cette fille est à moi. Est-ce clair ? Dit-il froidement.

    -         Très clair, votre altesse.  Que faisons nous de sa famille ?

    -         Laissez-la… pour l’instant, en ponctuant sur le dernier mot.

    Les deux vigiles poussèrent Hope vers la fourgonnette dans lequel étaient déjà agglutiné les 29 villageois.

    -         Tu es fier de toi ? Cracha la femme du boulanger. Tu as bien faillit nous tuer avec ton sale caractère.

    -         Tu crois peut être qu’ils vont nous épargner ? répliqua Hope froidement enlevant les cailloux de sa main égratigné.

    -         Si c’était le cas avant ça ne l’est plus maintenant, grâce à toi, répondit un garçon de son âge dont elle ne se souvenait plus le nom.

    -         Ce sont des vampires. Arrêtez de vous voilez la face. On finira soit en tant qu’esclave où soit en casse croûte ! s’énerva-t-elle devant la naïveté des habitants.

    La fourgonnette s’arrêta et les portes s’ouvrirent. Les gardes leur ordonnèrent de sortir et de s’aligner. Hope fut la dernière à descendre et fut choqué en voyant le nombre de personne assemblé dans la cours du palais royal. Il y avait plus de 100 000  personnes de toute âge. On leur intima à rentrer dans le palais sans la moindre délicatesse. Un vigile sur sa droite poussa violement une dame d’une soixantaine d’année qui tomba au sol et qui fut dans l’incapacité de se relever toute seule. Hope s’interposa entre le vigile et la vieille dame et reçut la gifle qui lui était destinée à sa place lui fendant la lèvre inférieure.

    -         Vous ne voyez pas qu’elle ne peut pas se lever toute seule ! Cria-t-elle.

    -         Écarte-toi humaine, siffla le vigile en levant son fouet vers elle.

    Hope ferma les yeux et attendit que le coup arrive mais rien ne vient.  Lorsqu’elle ouvrit de nouveau les yeux, le vigile avait la bouche grande ouverte et un bras à travers la poitrine dans lequel se trouvait au bout un cœur dans une main.

    -         Les gardes ne sont plus ce qu’ils étaient, soupira une voix derrière le type qui se désintégra dans une flamme bleu.

    -         Votre altesse… Hoqueta le messager. Vous ne pouvez pas tuer les membres de votre garde sans l’accord du Roi.

    Le prince passa une main dans les cheveux pensivement avant de répondre d’une voix lasse :

    -         Faites-moi un procès.

    Hope regarda le prince sanguinaire disparaître derrière les portes du palais accompagné par un molosse de 1m90 aux allures de Top model. La jeune femme cligna des yeux essayant de comprendre se qui venait de se passer. Pourquoi est-ce que le prince avait tué ce vigile tortionnaire ? Ce n’était pas à cause de sa façon de se comporter avec la vieille dame et encore moins à cause de la façon dont il lui avait parlé. Parce qu’elle voyait très bien que le prince ne la portait pas dans son cœur. Après tout, il l’avait amené ici pour la torturer avant de l’achever froidement. C’était la seule et unique raison pour laquelle elle était encore en vie de toute évidence… Elle aida la vieille dame à se relever et s’apprêta à franchir un rideau noir à l’entrée du palais dans lequel s’engouffrait le groupe d’humain lorsque le messager lui barra le passage.

    -         Où comptez-vous aller ? demanda-t-il en la toisant de toute sa hauteur.

    -         Vers mon destin funeste, dit-elle en montrant le rideau noir.

    -         Votre destin ne se trouve pas derrière ce rideau mais à l’étage dans les appartements privés du prince.

    Hope se raidit en entendant ce que venait de dire le messager. Ce type ne l’avait pas épargné pour mieux la torturer à l’abri des regards indiscrets. Non. Il l’avait épargné pour profiter d’elle physiquement jusqu’à ce que la raison n’en puisse plus et qu’elle le supplie à mettre fin à ses jours…

    -         Plutôt mourir.

    -         Cela pourrait se faire plus vite que vous ne l’espérez, mademoiselle. Surtout si vous tenez tête au prince, répondit le messager en faisant signe à deux gardes de l’escorter jusqu’au appartement du prince.

    Hope monta les escaliers sinueux, longea un long couloir avant de franchir une immense porte sertie d’or et de diamant. Elle ne pu s’empêcher de regarder d’un air ébahit ce qui se trouvait devant ses yeux. Un immense salon rempli d’un canapé en velours blanc avec en face une télévision écran plat de la taille d’un écran de cinéma. Une gigantesque table en bois et or massif se trouvait au fond de la pièce. Une table de billard siégeait fièrement devant la baie vitrée qui donnait directement sur la cour du parc.

    -         La discussion est close, Alfonse.

    Hope sursauta en entendant la voix du prince sur sa droite. Celui-ci jeta violement le torchon avec lequel il s’essuyait les mains sur le vieillard qui se trouvait à ses côtés avant de s’asseoir de façon désinvolte sur le canapé à angle.

    -         Il y a des personnes pourtant plus dociles…

    -         Plus docile mais moins amusante, ricana le prince.

    -         Vous…

    -         Foutez tous le camps, répliqua-t-il sèchement.

    Les deux gardes s’inclinèrent avant de sortir suivit de près par le vieillard qui lança un coup d’œil furtif à Hope qui s’apprêta à les suivre incognito.

    -         Pas toi, soupira le prince avant de se lever.

    Les portes se refermèrent au nez de la jeune femme au bord de la panique. Elle chercha des yeux un moyen de se défendre au cas où celui-ci se jetterait sur elle sans attendre mais ne vit rien de tranchant à part un énorme livre qui se trouvait sur le petit meuble sur sa droite. Le prince s’avança vers Hope qui déglutit en voyant le regard prédateur que celui-ci lui lançait.

    -         N’approchez pas, dit la jeune femme avant de jeter le bouquin en direction du prince qui tomba à quelques pas loin devant lui.

    -         Vous venez de détruire une édition limitée qui date de plus de 600 ans…

    -         Vous m’en voyez navrée, cracha-t-elle avant de jeter vers lui le vase en cristal sur sa gauche.

    -         Vous comptez détruire tout ce que vous touchez ?

    -         Si ça peut vous empêcher de me toucher oui ! Je mettrai même le feu s’il le faut.

    -         De vous toucher ? Cligna des yeux le prince avant de rire à gorge déployer.

    -         Qui y a-t-il d’aussi drôle !

    -         Vous vous êtes regardée ? Vous croyez vraiment que je puisse toucher une fille avec aussi peu de sex-appeal et qui est humaine de surcroît ?  lâcha-t-il avec dégoût. Ne suivez-vous donc pas un régime ? Votre mère ne vous a-t-elle donc jamais appris à vous maquiller ?

    La jeune femme cligna des yeux avant de comprendre que le blondinet l’avait traité de grosse et de moche en l’espace de 2 secondes.

    -         Vous vous croyez irrésistible peut être ?

    -         Vous ne me trouvez pas à votre goût ? demanda-t-il en arquant un sourcil septique.

    -         Arrêtez de prendre vos rêves pour la réalité.

    -         Vous êtes en train de dire que vous êtes insensible à mon charme ?

    -         Vous êtes sourds en plus d’être idiot ?

    Le prince fondit sur Hope la plaquant contre le mur de toute sa hauteur. Il s’approcha de son visage et plongea son regard dans le sien avant de remettre une mèche de cheveux de la jeune femme derrière son oreille.

    -         Si vous êtes insensible à mon charme alors pourquoi tremblez-vous ?

    Hope s’apprêta à l’envoyer balader mais le prince s’éloigna d’elle.

    -         J’ai enfin décidé, finit-il par dire avant de s’asseoir sur le canapé tout en croisant ses longues jambes sveltes.

    -         Décidé ? répéta Hope sur ses gardes.

    -         Ce que je vais faire de vous. Il y a une poche sur la table, prenez là et enfiler les vêtements qui se trouve dedans. Oh et avant tout chose. La prochaine fois que vous me reparlez sur ce ton, je trancherai cette magnifique gorge pour qu’elle ne puisse plus parler, dit-il froidement avant d’appeler Alfonse qui surgit de nulle part. Amenez là dans ses quartiers.

     

    Le majordome conduisit Hope hors du quartier du prince longea un couloir puis monta un petit escalier tortueux qui se trouvait derrière une petite porte en bois et qui grimpait vers le toit.

    -         Voici, vos quartiers, déclara le vieil homme en poussant une petite porte en bois qui était à deux doigts de se briser en deux sous l’effort.

    Hope entra sur ses gardes et aperçut un petit lit de camps sur sa droite et un minuscule lavabo à côté. Aucune fenêtre à l’horizon aucun moyen échappatoire possible…

    -         Votre chambre est la plus près des appartements du prince Christopher afin de répondre au mieux à ses attentes.

    -         Ses attentes ? répéta-t-elle perdu.

    -         N’avez-vous donc pas regardé le contenue de la poche ? Le prince Christopher a fait de vous son esclave personnelle. Vous devrez répondre à n’importe quel de ses désirs à tout heure de la journée ou de la nuit.

    La jeune femme ouvrit la poche et sortit une tenue de soubrette. Elle grinça des dents en voyant la tenue ultra courte qui allait certainement lui arriver au milieu des cuisses et lui serrer la poitrine au point de ne pas pouvoir respirer.

    -         Il est hors de question que je mette ce truc.

    -         Vous allez le mettre. Sauf si vous voulez que votre famille soit exécutée ? C’est bien ce que je pensais. Lorsque vous aurez terminée de vous changer, remontez dans les quartier du prince Christopher et tenez vous droite devant la porte d’entrée. Surtout ne bougez pas et ne parlez aucunement sauf s’il vous l’ordonne.

    Hope regarda le vieillard sortir en clopinant. Elle enfila la mini robe de soubrette mais laissa ses chaussettes montantes en laine vert fluo qui lui arrivait jusqu’en haut des cuisses. Une fois habillée, elle sortit de sa chambre pour se diriger dans les appartements du prince. Elle passa devant les gardes qui surveillaient sa porte et entra sans frapper.

    -         Votre mère ne vous a pas appris les bonnes manières en plus du reste à ce que je vois, dit le prince plongé sous une pile de paperasse.

    -         Elle a décidé de mettre mon éducation en suspens lorsqu’elle a découvert que j’étais moche, mal poli et vulgaire…

    Le prince Christopher s’arrêta d’écrire et leva la tête vers Hope qui était en train de regarder les livres qui se trouvaient dans la bibliothèque.

    -         Vous vous prenez pour un crapaud ? Enlevez moi ses chaussettes hideuses.

    -         Seulement si vous me donnez une tenue décente, dit-elle en le fusillant du regard.

    Le prince s’adossa contre le dossier de son fauteuil et croisa les bras.

    -         En quoi cette tenue est indécente ?

    -         J’ai l’air d’une catin !

    -         Une catin sans la moindre once de charme alors, ricana le prince.

    -         Vous…

    -         Suivez-moi, dit-il en se levant de son fauteuil pour se diriger vers la porte situé derrière le billard.

    Ils se trouvèrent dans une pièce qui devait certainement être la chambre à coucher. Il se dirigea derrière une penderie qui était deux fois plus grande que la maison de la jeune femme puis balança une veste blanche.

    -         Mettez ça.

    Hope plissa des yeux avant de prendre la chemise blanche d’une main tremblante. Elle s’apprêta à la mettre sur sa robe de soubrette mais s’arrêta en voyant le jeune homme secouer la tête négativement.

    -         Enlevez la robe et ses chaussettes.

    -         Autant me promener à poils parmi vos gardes avec un écriteau « venez vous servir s’est gratuit ! »

    Hope crut discerner un sourire en coin sur le visage du prince avant de sortir du dressing.

    -         Faites-ce que je vous dis.

    La jeune femme maugréa des insultes tout en enlevant sa robe de soubrette. Elle enfila la chemise du jeune homme qui lui arrivait jusqu’au genou et la boutonna de haut en bas. Lorsqu’elle sortit du dressing, le prince se trouvait sur son lit les jambes croisées, son menton appuyé dans sa main droite, le regard plongé dans le vide. Le prince finit enfin par sortir de ses songes quand Hope se posta devant lui. Celui-ci se leva, tourna autour d’elle, pencha la tête sur le côté avant d’ouvrir trois boutons de la chemise faisant entrevoir la naissance de ses seins.

    -         Voilà qui est mieux.

    -         Espèce de pervers, maugréa-t-elle.

    Elle retient sa respiration lorsqu’elle le vit enlever la ceinture autour de sa taille. Qu’allait-il faire avec ça ? La fouetter jusqu’au sang ? Elle ferma les yeux et se rendit compte qu’il était penché sur elle. Elle ouvrit les yeux et déglutit difficilement lorsqu’elle sentit les doigts du prince la toucher pour lui mettre sa ceinture. Lorsqu’il recula son visage pour attacher la ceinture, Hope cru discerner l’espace de quelques secondes un changement de couleur au niveau de ses yeux. Ils n’étaient plus d’un bleu lagon mais avait vire au gris cendré.

    -         Ça fera l’affaire, jusqu’à ce qu’Alfonse aille vous chercher une autre tenue.

    -         Votre altesse, dit Alfonse depuis le salon. Le roi est arrivé.

    -         Allons-y.

    Le prince fit signe à Hope de passer devant lui pour sortir de la chambre. Lorsqu’ils sortirent des appartements privés de Christopher, Alfonse ralentit le pas et murmura d’une voix à peine audible.

    -         Surtout gardez la tête baissée et n’ouvrez aucunement la bouche. Le prince est peut être indulgent face à votre sale caractère mais le Roi ne laissera jamais passer ça.

    Ils descendirent les escaliers en hors massif jusqu’à arriver devant une immense pièce dans lequel se trouvait au bout quatre immense siège. Les deux fauteuils du centre étaient occupés par un homme assez trapu au teint pale avec des cheveux courts noirs et des yeux bleu ciel. Sur sa droite se trouvait une femme avec de longs cheveux blonds et des yeux saphir. Tous les deux étaient en train d’écouter le messager qui était venue au village de Elvenpark. Celui-ci énumérait les noms des villageois sélectionné. À chaque nom donné un garde poussait la personne en question au pied du roi qui leur donnait une affectation.

    -         Le garde mangé, dit le Roi en regardant à peine la femme du boulanger.

    -         Ça veut dire quoi garde mangé ? murmura Hope à l’attention de Alfonse.

    -         Un endroit dont vous risquez d’atterrir si vous n’apprenez pas assez vite où est votre place !  Rester ici et ne bronchez aucunement !

    Alfonse laissa Hope avec le groupe de villageois puis alla rejoindre le prince Christopher qui avait pris place à côté de son père.

    -         Garde mangé, répéta le Roi en voyant une femme d’un certain âge de forte corpulence.

    -         Grégory Malfrey.

    Un garde poussa un garçon d’une vingtaine d’année au milieu de la pièce. La reine se redressa de son siège et passa sa langue sur ses lèvres. Le roi qui aperçut sa reine se redressa de toute sa hauteur puis descendit les trois marches qui menaient vers le garçon. Celui-ci lui redressa le menton puis pencha sa tête à droite et à gauche avant de se retourner vers sa femme.

    -         Vous plaît-il ma reine ?

    -         Très, mon roi, répondit-elle en se dandinant sur son fauteuil.

    -         Jouet de la reine, dit-il avant de se retourner à son siège.

    La reine se mit à taper des mains tout enthousiaste sous le regard ébahit de Hope. C’était quoi son problème ? Était-elle cinglée ? Et qu’est-ce que ça voulait bien pouvoir dire Jouet de la reine ? Allait-elle fait de lui son esclave sexuel ?  Ou lui mettre des tenus extravagantes avant de le torturer et de boire son sang. Elle tourna la tête à la recherche d’une personne qui aurait la réponse à ses questions mais ne trouva personne. Aucun n’osait broncher ni lever les yeux du sol. Le messager appela cinq autres personnes qui fut envoyé comme esclave à des représentants du royaume.

    - Hope Overfire, appela le messager. 

    La jeune femme avança d’elle-même la tête droite regardant droit devant elle. Le Roi se redressa de son siège avant de se lever pour aller à son encore. Il pinça son menton pour contempler son visage avant de déclarer.

    -         Ça fait longtemps que je n’avais pas vu tel regard, dit le Roi d’une voix amusée.

    -         Je n’aime vraiment pas son regard, chuchota la Reine d’une voix boudeuse. Envoie là au garde mangé.

    -         Mon instinct me pousse à savoir combien de temps elle tiendra ce regard haineux.

    -         Allez-vous…

    -         Père… dit le prince en se levant de son siège. Permettez moi de me charger de cette tâche.

    -         Tu veux te charger de la dresser ? Demanda le Roi septique.

    -         Oui. Je suis curieux également de savoir combien de temps elle maintiendra son assurance.

    -         Je suis contre ! ronchonna la reine. Envoyez la au garde mangé, mon roi !

    Le roi se gratta sa barge naissance puis rejoignit son siège avant de lâcher.

    -         Le jouet du prince.

    Un soldat la poussa vers le prince l’obligeant à s’asseoir à ses pieds. Elle tourna la tête et regarda le jeune homme qui avait été déclaré le jouet de la Reine. Celui-ci avait autour de son cou un collier en métal relié à une énorme chaîne qui était tenu par une femme. Un vigile s’approcha d’elle avec à ses mains le même collier que portait son collègue. Elle ouvrit la bouche pour menacer le garde de ne pas s’approcher mais une main glaciale vient se plaquer sur ses lèvres et un souffle mentholé vient caresser ses oreilles.

    -         Est-ce trop demandé de vous tenir tranquille ? Dois-je envoyer un garde au village ?

    Hope se raidit en entendant la menace du Prince. Si elle continuait comme ça elle allait vraiment finir par faire tuer sa famille.

    -         Si vous me le permettez père, je dois terminer mon travail, dit Christopher en se levant de son siège.

    Hope leva les yeux vers le jeune homme qui lui fit signe discrètement de se lever.

    -         Vas-y, fils.

    Christopher s’inclina légèrement puis posa sa tête derrière la jeune femme l’obligeant à se courber devant son père qui rigola devant la scène.

    -         Il semblerait que tu n’aies pas choisis la plus docile des esclaves, fils.

    -         Il semblerait effectivement, répondit-il en foudroyant Hope des yeux.

    Le prince partit à grande enjambé vers la porte suivit de près par Alfonse qui tirait par le bras Hope tout en maugréant des injures dans une langue qu’elle ne connaissait pas.

    -         Vous auriez dû écouter votre mère et la laisser au garde mangé, votre Altesse, dit Alfonse une fois la porte des appartements du prince franchis.

    -         Ne recommence pas.

    -         Vous avez vu ce qu’elle a osé faire ? Devant le Roi qui plus est ! Que diable serait-elle capable de faire la prochaine fois ?

    -         Il est vrai que sa façon de nous regarder a été magistrale. Si j’avais été un être inférieur tel que vous, j’en aurais sûrement frémis de peur, ricana Christopher en toisant Hope de la tête au pied.

    -         Votre Altesse. Cette esclave va vous attirer des problèmes.

    -         C’est vrai. Et je suis impatient de savoir comment elle se sortira de ses problèmes. Allez lui chercher une tenue qui puisse la rendre moins hideuse qu’elle ne l’est déjà.

    -         Bien votre altesse.

    -         Oh et éviter, les mini jupe, les robes courtes, les bustier. Chercher des trucs avec des cols roulés et quelque chose qui puisse couvrir ses jambes hideuses, dit-il avant de se diriger vers son bureau.

    -         Mes quoi ? répéta Hope qui ferma les yeux pour essayer de canaliser sa colère.

    -         Comme il vous plaira.

    Hope s’apprêta à suivre le majordome mais s’arrêta net lorsque le prince l’interpella :

    -         Où comptez-vous aller comme ça ?

    -         J’allais suivre votre majordome pour que vous ne puissiez pas avoir sous les yeux mes jambes hideuses, cracha-t-elle.

    -         Etes-vous fâchée de ne pas pouvoir garder votre tenue de soubrette ?

    -         Un col roulé et quelque chose qui puisse cacher mes jambes ? Vous aviez cas lui dire de m’acheter un voile qui puisse me recouvrir de la tête au pied, ça vous éviterez de me regarder. J’ai mieux encore. Vous avez cas me laisser partir. Vous aurez plus à regarder ma tronche !

    -         Au risque de m’ennuyer de nouveau ? Non merci. J’opte pour l’option voile intégrale alors.

    -         Vous…

    -         Je quoi ?

    Hope déglutit en voyant ses pupilles changés de couleur de nouveau. Comment pouvait-il faire ça ? Cela faisait la deuxième fois que ça se produisait. Hope se demanda si c’était lié au fait qu’il soit assoiffé de sang ou à son changement brusque d’humeur. Elle se mordit la lèvre pour lui poser la question mais jugea bon de se taire à en juger la façon meurtrière dont celui-ci la regardait.

    -         C’est bien ce que je pensais. Allez vous asseoir et ne dites plus un mot.

    Elle se dirigea vers le siège près de la porte d’entrée et regarda les minutes s’engrainer les une après les autres.


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