• Les Héritiers de Rapsody, Tome 1, chapitre 2

    Chapitre 2

     

    C’était bien la première fois qu’il rencontrait une personne aussi énigmatique, avec un tempérament de feu et des envies suicidaires. Pour lui les humains étaient tous ennuyeux à mourir, fragile et stupide d’où le fait qu’ils étaient dans la catégorie des espèces inférieures. Mais cette fille… Pour une raison qu’il ignorait avait le don à la fois de lui taper sur le système mais aussi de l’amuser en même temps. Était-ce à cause de sa façon de parler ? Ou celui de la regarder avec ses yeux remplis de haine. Il leva furtivement les yeux vers elle. Celle-ci se trouvait toujours assise sur la chaise et se dandinait dessus. Cela faisait 1h qu’elle se tenait affalé sur cette chaise à fulminer des insultes à mi-voix. Christopher grinça des dents lorsqu’elle vit la chemise remonter légèrement sur ses cuisses mais aussi lorsqu’un bouton au niveau de son décolleté s’ouvrit laissant apercevoir un peu plus sa poitrine bien en chair. Lorsqu’elle avait franchit la porte avec sa tenue de soubrette une vague de chaleur c’était emparé de lui l’espace de deux secondes. Sentiment qu’il avait vite étouffé en lui faisant enfiler une de ses chemises pour masquer son corps à la vue de tous. Manque de peau cette tenue était plus sexy que la précédente. La savoir dans une de ses chemises commençait à l’exciter au plus haut point.  Que lui arrivait-il ? Cette fille ne correspondait à aucun des critères qu’il avait. Elle n’était pas grande, maigre, ses cheveux en bataille avait le don de l’exaspérer, son manque de féminité lui faisait grincer les dents quant à son vocabulaire et sa façon de parlait était un outrage à la gente féminine. Depuis sa naissance c’était bien la première fois qu’il entendait une femme parler comme une charretière...

    • Pouvez-vous arrêter de gesticuler ? Cela devient agaçant à force.
    • Essayer de poser votre… vos fesses, rectifia-t-elle, sur une chaise sans bouger pendant une heure et on verra si vous ne gesticulez pas vous aussi.
    • Vous pouvez-vous lever.

    Christopher regarda la jeune femme se redresser tout en s’étirant.

    • Arrêtez de faire ça, maugréa-t-il en voyant la chemise se soulever.
    • Faire quoi ?
    • De vous étirez.
    • Si je comprends bien, je ne dois pas bouger, ne pas m’étirer et ne pas parler ? Suis-je autorisée à respirer au moins ?

    Christopher ferma violement son dossier ce qui fit sursauter la jeune femme.

    • Si vous continuez à parler vous risquez effectivement de ne plus respirer, dit-il d’une voix froide.
    • Si ça peu me délivrer de cet enfer… murmura Hope.

    En deux trois mouvements Christopher fondit sur Hope, lui serra le cou, ouvrit le balcon et la plongea dans le vide. La jeune femme posa ses deux mains sur le bras de Christopher pour essayer de le faire lâcher prise mais compris vite dans quel situation elle se trouvait.

    • Je vous conseille de ne pas oubliez à qui vous parlez, esclave. Votre vie ne tient qu’à un fil. Est-ce que c’est clair ?

    Christopher attendait qu’elle réponde, qu’elle hoche la tête pour confirmer mais celle –ci fit quelque chose qui le surpris au plus au point. Elle baissa les bras comme résigner à en finir au plus vite. Ce jeu ne l’amusait décidément plus. Le jeune homme claque sa langue contre son palais avant de balancer Hope dans le salon qui atterrit brutalement sur le canapé à angle.

    • Votre altesse, dit Alfonse avant de frapper à la porte.
    • Je vous ai apporté les vêtements que vous avez demandés.
    • Quelle sorte de ma vue, répondit Christopher avant de se diriger de nouveau vers son bureau.
    • Dois-je l’amener au garde mangé ?
    • Cette fille m’appartient, répliqua-t-il d’une voix froide.

    Alfonse s’inclina avant d’inviter la jeune femme à se lever. Christopher regarda son majordome et son jouet franchir les portes de ses quartiers sans un regard derrière elle.

     

    • J’ai entendu dire qu’une humaine t’en faisait voir des vertes et des pas mure… dit une voix masculine adossé à l’encadrement de la porte.

    Chistopher regarda son garde du corps mais aussi meilleur ami entrer dans son salon pour aller s’installer sur son canapé.

    • Qui t’as dit ça ?
    • Mon petit doigt.

    Christopher grinça des dents en voyant le large sourire moqueur de son ami. Lui qui avait assez de travail comme ça, il allait devoir mettre le haut là parmi ses servants avant que ses rumeurs totalement fondé n’arrive aux oreilles de son paternel.

    • Ton petit doigt à un nom ? demanda-t-il en croisant les bras.
    • Crétin.
    • Je t’ai vu tenir cette fille dans le vide, avant hier.
    • Tu es le seul à l’avoir vu ?
    • Des soldats et des serviteurs.
    • Donne moi leurs noms.
    • Je ne te comprends pas, dit Dan en jouant avec un couteau. Avant tu aurais tué n’importe quel humain qui t’aurait regardé de travers. Alors comment ça se fait qu’elle soit encore en vie ?
    • Quel est l’intérêt de la tuer rapidement quand je peux torturer et tuer à petit feu ?
    • J’éviterai de m’amuser à ce jeu avec cette humaine, mec. Cette fille est une lionne en cage prêt à sauter sur tout ce qui bouge.

    Christopher s’imagina la jeune femme dans une cage, tapant de toutes ses forces contre les barreaux tout en insultant la personne qui l’avait enfermé dedans. Soit… lui.

    • Les lions se domptent à coup de fouet. Et je ne manquerai pas de l’utiliser, s’il le faut.
    • Tu ferais mieux de l’utiliser le plus vite possible. Les gens parlent et disent qu’elle n’est pas le jouet du Prince mais le fauve du Prince. Tu sais ce que ça signifie ?

    Il savait parfaitement ce que ça signifiait. Que son père risquait de mettre la main sur elle juste pour assouvir ses fantasmes. Il devait vite inverser la rumeur et tuer ceux qui la colportaient le plus vite possible sous peine de perdre son nouveau jouet…

    • Au fait, où se trouve-t-elle ? N’est-elle pas censée être à ton service 24h/24, 7j/7 ?
    • Elle est dans sa chambre.
    • J’ose espérer que tu aies fermés sa porte à clé. Ça court vite les lionnes sauvages, ricana Dan.
    • Cette fille est peut être une humaine mais elle n’est pas stupide. Elle sait ce que sa famille encourt si elle s’enfuyait…
    • Votre altesse. Vos parents sont prêts à prendre la route.

    Christopher se leva et suivit son majordome accompagné de près par son garde du corps. Ils descendirent les marches et sortirent hors du château où les attendaient le couple Royal.

    • Père. Mère. Pardonnez mon retard, dit-il en tenant les deux mains de sa mère tout en l’embrassant sur les deux joues.
    • N’oublie pas de prendre tous tes repas.
    • Ne vous inquiétez pas mère. Faites attention à vous et surtout reposez vous.

    La Reine pinça la joue de son fils et entra dans la limousine suivit de près par son nouveau esclave personnel.

    • Où as-tu donc mis ton jouet ? Questionna le Roi.
    • Attaché à une roue des supplices, mentit-il.
    • Ça c’est bien, mon fils ! rigola son père en lui tapant le dos. J’ai hâte de la voir une fois asservie.

    Christopher serra les poings en voyant la flamme perverse dans les yeux de son père. Il aurait dû se douter qu’il aurait des vues sur cette humaine. Son père adorait les tempéraments fougueux, il en avait toujours collectionné à la pelle. Il en comptait plus de 10 dans son harem personnel. La plupart de ses filles avaient d’ailleurs perdues la tête tout comme sa mère… Ses pratiques de tortures et ses pratiques sexuelles étaient des plus diaboliques. Il ne respectait ni rien ni personne, et ne s’en privait pas pour le cacher. Qui pourrait croire qu’il était la progéniture d’un monstre plus cruel que Dracula lui-même ?

    • Je tâcherai de ne pas vous décevoir, père.
    • Je n’en doute pas, fils. Je n’en doute pas.

    Christopher regarda son père rentrer dans la limousine avant qu’elle ne démarre pour disparaître dans la nuit noire.

    • Il semblerait que tu aies un concurrent redoutable pour dresser ta petite lionne, dit Dan en se postant à ses côtés.
    • Il semblerait effectivement, répondit-il toujours le regard fixé sur le chemin.
    • Votre altesse. Nous avons un problème, lui murmura le majordome.
    • Qu’a-t-elle fait ?
    • Les gardes l’ont rattrapés alors qu’elle s’apprêtait à s’enfuir.

    Christopher tourna la tête vers son majordome et fut saisit d’une étrange sensation. Il savait parfaitement quel était le premier sentiment qui parcourait tout son corps de bas en haut. C’était la colère. Mais quelle était cette seconde chose ? La peur ?  L’inquiétude ?

    • Où est-elle ? demanda-t-il froidement.
    • Les gardes l’ont amenés dans un cachot.

    Le jeune homme suivit son majordome à travers le château. Lorsqu’ils descendirent l’escalier tortueux qui menait vers la prison, il retrouva deux gardes postés à l’entrée. Les cachots du château étaient un endroit lugubre, humide et nauséabond. Il longea le couloir tout en évitant de regarder les humains agonisants dans leur propre excrément. Un picotement le parcouru et une odeur de vanille vient lui chatouiller les narines lui signalant la présence à proximité de la jeune femme. Hope se tenait recroquevillé sur elle, la tête dans les genoux et était en train de chantonner un air, inconnu.

    • C’est à croire que vous êtes plus stupide que je ne le pensais.

    Christopher se tourna vers un garde, lui faisant signe d’ouvrir le cachot. 

    • Lève-toi, esclave.

    Il grinça des dents lorsqu’il vit qu’elle ne bougea pas d’un pouce. Comment pouvait-elle faire encore la forte tête alors qu’elle se trouvait enfermée dans une cage ! Il s’approcha d’elle, lui donna un léger coup avec son pied pour la faire réagir. Mais au lieu de crier comme il s’y attendait elle s’effondra au sol, en sueur, la main droite sur ses côtes.

    • Que vous arrive-t-il ?
    • Vous avez qu’à demander à vos sbires, dit-elle entre deux grimaces.
    • Mes sbires ne vous aurez jamais fait ça si vous n’aviez pas essayé de vous enfuir.
    • Je n’essayais pas de m’enfuir.
    • S’il y a bien une chose que je ne supporte pas c’est qu’on me mente.
    • Croyez ce que vous voulez, répliqua-t-elle froidement.

    Christopher s’accroupit vers Hope, plaça un bras sous ses jambes puis un autre derrière son dos et la souleva du sol. Il s’attendait à ce qu’elle lui hurle dessus de ne pas la toucher mais celle-ci le fixait sans rien dire. Une perle de sueur vient couler de sa tempe jusqu’au long de sa joue pour tomber sur le torse du jeune homme. Il approcha un peu plus la jeune femme contre son torse l’obligeant à s’accrocher à lui.

    • Votre altesse, vous ne pouvez pas…
    • Écartez-vous.

    Christopher traversa les cachots en ignorant les regards que les prisonniers lui lançaient ainsi que les deux vigiles.  Il traversa le château et se retrouva plus vite que prévus dans sa chambre. Lorsqu’il franchit la porte de la salle de bain, celle-ci venait de perdre connaissance. Il la posa sur la petite banquette de velours à côté de la baignoire puis s’entreprit à enlever sa chemise que la jeune femme portait. Lorsqu’il la retira, il ne pu s’empêcher de lâcher une injure en voyant les écorchures, les hématomes mais aussi les cicatrices qu’elle avait sur tout le corps.

    • Désirez-vous que je m’occupe d’elle, votre altesse ? Demanda le majordome qui ferma le robinet de la baignoire.
    • Et trouvez-moi les personnes qui lui ont fait ça, dit-il sans quitter du regard l’entaille sèche qui se trouvait sur son cou.

    Le majordome s’inclina avant de disparaître derrière la porte, laissant ainsi seul Christopher et la jeune femme. Il la porta et la glissa doucement dans l’eau de la baignoire tout en s’attelant à la tâche de la nettoyer. Tâche qui fut plus difficile que prévu à cause de la serviette qui flottait dans l’eau et qui cachait le corps de la jeune femme. Quelle idée, il avait eu de cacher sa pudeur alors qu’il avait besoin de voir l’étendu de ses plaies ! Il regarda le soutien gorge et la culotte qu’il avait arrachée à tâtons sous la serviette et se demanda s’il avait bien fait de les enlever. Il secoua la tête pour chasser son doute. Pourquoi se souciait-il de tout ça ? Après tout, il était le prince il n’avait pas à se justifier. S’il prenait l’initiative de voir un humain à poil alors il en avait tous les droits… Christopher redescendit sur terre en entendant la jeune femme gémir de douleur.

    • T’as besoin d’aide ?
    • Qu’est-ce que tu fous là Dan ?
    • J’ai croisé Alfonse qui se dirigeait vers les dortoirs des gardes, dit-il en s’avançant. On dirait que ta petite lionne a été dressée.

    Christopher attrapa le bras de Dan violement pour l’empêcher de toucher la serviette mouillée.

    • Sors de là.
    • Comme tu voudras.

    Il attendit que Dan sorte pour sortir Hope de la baignoire et l’amener dans son lit. Il attrapa le plateau argenté sur lequel était posé des crèmes cicatrisantes. Il baissa le drap en soie au niveau de la taille, laissant apparaître la poitrine généreuse de la jeune femme. Il hésita à la couvrir mais s’abstient. Il attrapa le premier pot et étala la crème sur ses plaies ouvertes. Il passa ainsi plus d’une demi heure à appliquer chacune des crèmes du plateau. Lorsqu’il referma le dernier pot, il entendit Alfonse franchir la porte. Il ramena le drap sur le corps de Hope, puis sortit de la chambre. Lorsqu’il arriva dans le salon il retrouva Dan assis sur le canapé, et son majordome accompagné de 4 gardes qui inclinaient leur tête.

    • Je veux savoir lequel d’entre vous a posé ses mains sur mon jouet.

    Christopher attendit qu’ils se désignent mais aucun ne bougea. Il se pencha vers Dan, lui attrapa son 9mm qui se trouvait sous sa veste et tira dans la tête du premier garde.

    • Qui a touché à mon jouet ? Répéta-t-il.

    Un autre coup de feu retentit et le deuxième garde tomba en poussière. Il s’apprêta à tirer sur le troisième garde mais son doigt s’arrêta sur la détente lorsqu’il sentit des effluves de vanilles arriver jusqu’à ses narines. Il tourna la tête et vit Hope devant la porte de sa chambre un draps autour d’elle.

    • Lequel d’entre eux vous a fait ça ? lui demanda-t-il.

    Le regard d’Hope bougea une fraction de seconde ce qui ne lui échappa aucunement. Il rendit le 9mm à Dan et s’avança vers le coupable avant de lui asséner un coup de poing dans la mâchoire le faisant voler à travers la pièce.

    • Qui t’as donné l’autorisation de poser la main sur elle ?
    • Pardonnez-moi votre altesse, balbutia le garde apeuré.

    Christopher plaça sa main sur le crâne du garde et lui arracha.

    • Fallait y penser avant de la toucher

    Il attrapa la serviette que son majordome lui tendit, s’essuya les mains puis se dirigea vers le dernier garde survivant qui tremblait comme une feuille.

    • Le prochain qui touche à mon jouet, je l’éventre et affiche ses tripes sur la place publique. Fais passer le message. Maintenant, hors de ma vue.

    Christopher tourna la tête à temps pour voir la jeune femme tourner de l’œil. Il se précipita vers elle et la rattrapa à temps avant qu’elle ne tombe au sol. Comment se débrouillait-il pour se la retrouver deux fois dans les bras en l’espace d’1h ? Il l’amena vers son lit et la posa dessus avant d’écarter une mèche de cheveux qui lui tombait sur le visage. Il repensa au regard qu’elle avait eu lorsqu’il avait arraché la tête de ce garde. Celle-ci avait troqué son regard rempli de haine contre un regard qu’elle n’avait jamais vu sur un humain.

     


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