• Les Héritiers de Rapsody, Tome 1, chapitre 5

    Chapitre 5

     

    Hope entra dans la salle de bal, dix minutes plus tard. C’est le temps qu’elle du prendre pour se calmer. Dès le moment où elle avait descendu les marches, elle n’avait cessé de jeter des coups d’œil au prince. Il était tellement beau dans cette tenue qu’il était difficile pour elle de se contrôler. Elle était devenue en un bref regard un papillon attiré par la lumière incandescente. Elle s’était alors éloignée de lui en mettant le plus de distance possible entre eux .Chose qui fut peine perdu car dès qu’elle était arrivé à destination le Prince c’était matérialisé devant elle pour l’amener dans un magnifique jardin ornée de fleurs en tout genre.

    • Hope ! Murmura Ilana. Où étais-tu passé ?
    • J’étais dehors, dit-elle en cherchant du regard le prince.
    • C’est quoi ce collier ?
    • Un collier qui sert à éloigner les chiens errant apparemment, répondit-elle en voyant les pervers de tout à l’heure éviter son regard.
    • Attends un peu… c’est le collier que le prince t’a offert ?
    • Ne t’emballe pas. C’est un collier qui montre que je lui appartiens. Rien de plus. Rien de moins.
    • Tu crois que c’est pareil pour mon bracelet ? Demanda Ilana en levant son poignet.

    C’était une gourmette noir et argent avec en son centre un cadenas avec une croix celtique en son milieu.

    • Qui t’a donné ça ?
    • La maîtresse de maison m’a dit de le mettre avant de descendre.

    Hope tourna la tête et vit le garde du corps les fixer intensément Ilana. Ce tas de muscle avait marqué sa propriété avec le bracelet comme le Prince avait fait avec ce foutu collier.

    • J’ai essayé de l’enlever lorsque je suis sortit des appartements privés de ce crétin mais je n’ai pas réussi. Plus j’essayais de l’enlever et plus ça me brûlait la peau alors j’ai lâché l’affaire.
    • Ça te brûlait la peau ?
    • Essaye de me l’enlever… Mon collier.
    • Tu es sur ?
    • Vas-y. Il ne regarde pas de toute façon. Il est beaucoup trop occupé à faire les casanova.

    Ilana se posta derrière Hope et essaya de défaire le fermoir mais s’arrêta net en voyant le collier changer de couleur.

    • Il est devenu tout rouge, chuchota Ilana.
    • Espèce de…

    Une douleur fulgurante parcourue le cou d’Hope.

    • À ta place je garderai ma bouche sellée, dit une fille rousse à côté d’elles.
    • Je te demande pardon ?
    • C’est un collier de contrôle. Le prince n’a pas mis ce collier seulement pour dire que tu es son jouet. Il te l’a mis pour te dresser.
    • C’est quoi ses conneries ?
    • Lorsque tu diras du mal de ton propriétaire alors ça t’enverra une décharge.
    • C’est une blague ?
    • Et il n’y a pas que ça, murmura la rouquine. S’il te donne un ordre et que tu n’obéis pas. Si tu lui manques de respect où s’il est blessé alors tu ressentiras les mêmes douleurs que lui. En gros. Tu es relié à lui et si tu fais quelque chose qui ne lui plait pas il a juste à le penser et le collier exécute la punition.
    • Comment est-ce que tu sais tout ça ? questionna Ilana sur ses gardes.
    • Parce que mon maître m’en a mis un aussi, répondit-elle en baissant le col roulé de sa robe.
    • Me voilà réduit au même rang qu’un foutu clébard, maugréa-t-elle.

    Hope leva les yeux et croisa le regard du Prince qui affichait un large sourire avant de remuer les lèvres en silence.

    • Qu’est-ce qu’il a dit ?
    • Gentille fille.

    Hope s’apprêta à l’injurier mais se ravisa. Elle se tourna à la place vers le buffet plus furax que jamais et descendit quatre coupes de champagnes cul sec.

    • Vous devriez y aller doucement avec l’alcool.

    Hope se raidit en entendant la voix de Christopher dans son dos.

    • Ne vous inquiétez pas. J’ai une muselière autour du cou qui m’empêchera de dire du mal de vous lorsque je serais ivre.
    • Je dois avouer que je vous ai surestimé. Je pensais que vous comprendriez plus vite l’utilité de ce collier.
    • Navré de vous avoir de nouveau déçu, répondit-elle sarcastiquement.
    • Cela commence à devenir une habitude, ne vous inquiétez pas, dit-il en tendant sa main vers Hope.
    • Que voulez-vous ? Demanda-t-elle sur ses gardes.
    • Pourquoi n’invitez-vous pas la jeune femme avec qui vous étiez ?
    • Parce qu’elle n’est pas vous.

    Hope déglutit en voyant les yeux du prince virer au gris métallique.

    • Si je refuse. Je recevrai une décharge électrique ?
    • Il y a de forte chance.
    • Alors je dis non.

    Hope s’attendit à recevoir le jus mais rien ne se produisit. Est-ce que le collier dysfonctionnait ? Elle repensa à ce que la rouquine lui avait dit. Le Prince contrôlait le collier par la pensée. Si c’était le cas alors pourquoi ne l’avait-il pas activé ? Après tout il détestait qu’on lui tienne tête.

    • Je crains de ne pas avoir demandé votre avis, dit Christopher en la prenant par la main pour l’entraîner au milieu de la piste de danse.
    • Tout le monde nous regarde.
    • C’est normal. Je suis beau, riche, célèbre et prince. J’attire énormément les regards.
    • Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi narcissique que vous.

    Une femme d’une quarantaine d’année vient se poster à côté d’eux et fit une révérence.

    • Votre seigneurie.
    • Dame Vangueberg ?
    • Me feriez-vous l’honneur de m’accorder la future danse ?
    • Je suis navré mais je l’ai déjà accordé à quelqu’un d’autres. Demandez à votre mari. Il se fera une joie de danser avec vous.
    • Il préfèrerait danser avec votre esclave, dit-elle en toisant Hope de la tête au pied.
    • Il risque d’avoir du mal étant donné qu’elle ne peut danser avec personne d’autre que moi, répliqua-t-il sèchement.
    • Cette esclave doit être au ange d’avoir pu capter votre attention.
    • Je le suis tellement que je serais capable de donner ce magnifique collier qui orne mon cou, répliqua Hope.
    • C’est un collier pour esclave.
    • On dirait qu’elle n’est pas si…
    • Si vous voulez bien nous excuser Dame Vangueberg. J’aimerai terminer cette danse dans le calme, dit Christopher en s’éloignant d’elle.
    • Espèce d’Harpie.
    • C’est la femme d’un noble très influant et vous venez de vous la mettre à dos.
    • Grand bien lui fasse. Je ne vois pas ce qui pourrait m’arriver de pire qu’être votre jouet.
    • Est-ce vraiment un supplice de l’être ?
    • Dois-je vraiment répondre à votre question ?
    • Je vous sens énervé.
    • Est-ce le collier de Médor qui vous met la puce à l’oreille ou l’intonation de ma voix ?
    • Vos yeux. Vous avez une façon différente de regarder lorsque vous êtes énervée. Que vous arrive-t-il ?
    • Que m’arrive-t-il ? Essayez de mettre un collier électrochoc autour du cou et vous verrez si vous ne seriez pas énervé vous aussi.

    Hope retient sa respiration lorsque le Prince approcha son visage à quelques centimètres du sien.

    • Vous êtes jalouse, n’est-ce pas ?
    • Jalouse de quoi ?
    • Que je puisse aller voir ailleurs.
    • Je me contrefiche de qui vous voyez ou de ce que vous faites.
    • Ce n’est pas ce que dit le collier pourtant.

    Hope regarda le miroir sur sa droite et vit le collier passer du rouge à l’orange. Elle porta ses mains instinctivement à son cou. Se pourrait-il que le collier changeait de couleur suivant ses humeurs ? Le prince s’approcha à son oreille et lui murmura :

    • Dites-le.
    • Dites quoi ?
    • Que je suis irrésistible, répondit-il en s’éloignant un sourire aux lèvres.
    • C’est un vampire. C’est un vampire. C’est un vampire. C’est un vampire, répéta-Hope en fermant les yeux.
    • Ton collier à virer au bleu, dit Ilana qui réapparut avec la rouquine à ses côtés un verre de champagne dans sa main.
    • Il ne manquait plus que ça, maugréa-t-elle.
    • Quoi ?
    • Ce satané collier change de couleur suivant ce que le porteur ressent.
    • Je ne te l’avais pas dit ? Demanda la rouquine innocemment.
    • Effectivement tu as oublié de l’omettre.
    • Le rouge signifie que le porteur est en colère. L’orange c’est la jalousie, le noir c’est la tristesse, le violet pour la joie. Le vert pour le doute. Le bleu pour le désir…
    • Le désir ? Répéta Ilana.
    • Pour ce qui est des autres couleurs je ne m’en souviens plus.
    • Ton collier est bleu, Hope !
    • Ce collier doit dysfonctionner.

    Hope tourna la tête et vit une jeune femme aux cheveux longs et blonds se diriger sur la piste de danse avec pour cavalier Christopher.

    • Oh ! Il est passé à l’orange, dit Ilana d’une voix amusé.

    Elle s’apprêta à détourner les yeux pour envoyer sur les roses son ami quand elle croisa le regard du Prince. La jeune femme déglutit en sentant le regard pénétrant qu’il lui lança. Pourquoi la fixait-il ainsi ? Elle se remémora l’instant où il s’était retrouvé en compagnie de la bimbo et à sa façon de la regarder avant qu’il l’embrasse. C’était le même regard.

    • C’est impressionnant. Tu devrais voir ça, Hope. On dirait un arc en ciel. Tu passes d’une couleur à l’autre ! Oh ! Il s’est arrêté au bleu.
    • Je… Je ferais mieux d’y aller. A demain, dit-elle avant de précipiter vers la sortie.

    Elle passa en trombe devant Dan et Alfonse puis se dirigea directement dans sa chambre. Elle franchit la porte et la referma immédiatement derrière elle, tout en s’adossant contre.

    • C’est un vampire. C’est un vampire. C’est un vampire, répéta-t-elle les yeux fermés.

    Elle sursauta lorsqu’on frappa à la porte.

    • Ilana, je ne suis pas d’humeur à… Chris, murmura-t-elle surprise de le voir devant sa porte.
    • Pourquoi vous êtes partie ?
    • Je suis crevée.
    • Vilaine menteuse.
    • Vous n’avez rien de mieux à faire que de répertorier mes humeurs ?
    • Pourquoi êtes-vous partis ?
    • Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que je suis jalouse ? C’est le cas. Je suis jalouse de ses filles qui peuvent se pavaner librement avec des habits de luxe alors que je suis pieds et poing lier. Je suis jalouse également qu’elle puisse parler sans aucune retenue sans qu’un courant électrique ne les punisse d’avoir trop ouvert la bouche. Je suis jalouse de leur liberté.

    Hope baissa les yeux et secoua la tête négativement. Christopher plaça deux doigts sous son menton l’obligeant à relever la tête.

    • Et là ? Vous n’êtes en aucun cas rempli de désir à mon égard ? Chuchota-t-il.

    Hope se retient de respirer lorsqu’il ramena une de ses mèches derrière son oreille.

    • Vous n’êtes en aucun cas attiré par moi en cet instant ?

    Hope lâcha une injure silencieuse lorsqu’il s’approcha de son oreille :

    • Dites-le. Vous avez qu’un seul mot à dire et je ferai en sorte d’étouffer ce sentiment.

    Hope ouvrit la bouche mais la referma aux prix d’un effort surhumain.

    • Vous feriez mieux de rejoindre vos invités, votre altesse.
    • C’est vraiment ce que vous voulez ?
    • Ne me regardez pas comme ça.
    • Comme quoi ? dit-il d’une voix suave.
    • Comme si j’étais désirable.
    • C’est pourtant ce que vous êtes.
    • Je croyais que je ne l’étais pas.
    • J’ai mentit, dit-il en fondant ses les lèvres d’Hope.

    La jeune femme plaça ses bras autour du coup du Prince et se mis sur la pointe des pieds pour atteindre un peu plus sa bouche. Les mains de Christopher descendirent pour aller se placer autour de la taille de la jeune femme avant de la soulever pour l’amener sur le petit lit miteux. Il ne pu s’empêcher de lâcher un léger soupir lorsqu’elle ouvrit la bouche pour accueillir sa langue. Hope se raidit l’espace d’un instant lorsqu’elle sentit les mains froide de Christopher se poser sur sa cuisse et remonter vers le haut.

    • Votre altesse, appela Dan derrière la porte.
    • C’est pas vrai. Je vais tuer cet enfoiré ! Dit-il en foudroyant la porte du regard.
    • Votre altesse, appela de nouveau Dan.

    Christopher se redressa et se dirigea vers la porte furieux.

    • Quoi ! Cria-t-il.
    • Ton frère est arrivé, dit-il en chantonnant.
    • Il ne manquait plus que lui, soupira-t-il. Dis lui que j’arrive.
    • Tu ferais mieux de l’amener aussi. Il souhaite la rencontrer.
    • Elle n’est pas en état. Elle a trop bu.
    • C’est une demande de ton futur roi.
    • Je m’en contrefou. Dégage, dit-il en lui claquant la porte au nez.
    • Je suis désolé.
    • Désolé, de quoi ?
    • Tu ferais mieux de rester ici. Si mon frère te voit bourrer alors… reste ici.
    • Tu es désolé de quoi ? Répéta-t-elle.
    • Je dois y aller, dit-il en l’embrassant sur le front avant de disparaître.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :