• Premier et dernier amour - Takahiro : chapitre 06

    Chapitre 6

     

    - C’est ici qu’on va faire notre concert ? Demanda Tomoya ébahit devant l’immensité du bâtiment.

    - Oui, répondit fièrement leur manager. Il peut accueillir plus de 20 000 personnes.

    - 20 000 personnes parquées dans un endroit confiné… J’espère qu’il y a des extincteurs partout dans la salle… dit Louna avec un rictus sur les lèvres.

    - Je doute que les extincteurs puissent tous les sauver en cas d’incendie.

    - Vous pouvez arrêter toutes les deux. À force de parler comme ça vous risquez de nous porter la poisse, maugréa Toru.

    Le manager attrapa la main de Louna et la serra en affichant des yeux de merlan frit.

    - Mademoiselle la photographe. Je compte sur vous pour prendre en photo les garçons sous tous les angles.

    - Tu n’as pas besoin de la toucher pour lui demander de faire son travail !

    Le manager se tourna vers Takahiro surpris que celui-ci lui parle sur ce ton.

    - Tu es nerveux ? Tu veux que je demande à Sandra de te masser ? 

    - Pourquoi demander à Sandra ? Mon rayon de soleil est très doué pour ça.

    - Zut ! Je n’avais pas vu l’heure. Dépêchons-nous vous allez être en retard pour les répétitions.

    - Est-ce que ça va ? murmura Taka en attrapant le bras de Louna.

    - Oui. Je suis juste un peu fatiguée.

    - Va te reposer dans le bus. On n’a pas besoin de toi pour l’instant.

    Louna se retourna et se dirigea dans le bus. Lorsqu’elle franchit les portes du bus, elle se laissa tomber au sol et porta la main à sa poitrine.

    - Louna ! Cria Taka en se précipitant vers la jeune femme. J’appelle une ambulance, tiens bon.

    - Non, réussit-elle à articuler. Ça va passer.

    Taka attira la jeune femme contre lui et la serra dans ses bras.

    - Ferme les yeux et concentre-toi sur les battements de mon cœur.

    - Quelle émission stupide as-tu encore regardé ?

    - Fais ce que je te dis.

    Louna s’exécuta et à sa grande surprise réussit à retrouver son souffle et à calmer la douleur. Devait-elle lui dire que ça allait maintenant ? Elle ouvrit la bouche mais la referma immédiatement. Juste pour un moment… juste pour un court instant, elle voulait se sentir vivante. Et ses bras puissant lui donnaient cette opportunité. Depuis quand n’avait-elle pas ressentit ce sentiment ? Cette plénitude qui lui faisait oublier qu’il ne lui restait que peu de temps à vivre.

    - Tu n’as pas besoin de faire semblant d’aller bien devant moi. Quand ça ne va pas dit-le.

    - Ça va mieux. Merci.

    - Reste ici et repose-toi.

    - Je vais bien.

    - Pour une fois fait ce qu’on te dit de faire sans discuter ! s’emporta-t-il avant de sortir du bus furieux.

     

    - Tu arrives à prendre les photos facilement ? Cria Laia pour se faire entendre.

    - Ça serait plus facile si Takahiro arrêtait de sauter dans tous les sens.

    Des fans à côtés d’elles se mirent à crier et à pointer du doigt Toru qui se dirigeait vers un trou.

    - Il fonce droit dedans ! dit Laia paniqué.

    - Ça doit faire mal, ricana Louna en voyant le jeune homme disparaitre dans le cratère de la scène.

    Taka s’arrêta de chanter et se dirigea vers Toru qui remonta sur la scène comme si de rien était.

    - Il a 4 ans ou quoi ! Il ne peut pas regarder où il fou les pieds ! s’énerva Laia.

    - Calme-toi, il n’a rien.

    - Il aurait pu se casser une jambe !

    - Tant qu’il ne se casse pas quelque chose de vital…

    - Tu trouves ça drôle ?!

    La musique s’arrêta. Ce qui voulait dire que le discours du groupe allait bientôt commencer. Louna mitrailla les membres du groupe qui parlèrent un à un.

    - La prochaine chanson est… dit Takahiro derrière son micro

    - Good Goodbye, coupa Toru.

    - Et pour vous remercier d’être venu aussi nombreux ce soir, nous voulons vous faire une petite surprise, poursuivit Ryota.

    - Ça fait prévu du spectacle ? Demanda Louna à Laia qui n’était plus à côté d’elle. Où est-ce qu’elle est allée…

    - En invitant une personne du public à venir sur scène !

    Louna regarda Taka qui semblait tout aussi surpris qu’elle. Avaient-ils décidé de faire ce genre de surprise lorsqu’ils étaient tous les deux dans le bus ce matin ? Les lumières s’éteignirent et un projecteur se mit à parcourir la salle de droite à gauche de haut en bas.

    - On va compter jusqu’à trois. Une fois que nous aurons fini le compte à rebours, Kyozuke fixe le projecteur.

    Le public se mit à compter accompagner des musiciens. Louna se retourna et aperçut Laia qui se trouvait derrière la console des ingénieurs du son avec à ses côtés le manager du groupe qui semblait mécontent de ce qui était en train de se passer.

    - On dirait que c’est votre jour de chance, demoiselle.

    Louna sursauta en entendant la voix de Toru dans son dos. Elle se retourna lentement et eut un hoquet de surprise lorsqu’elle comprit que celui-ci s’adressait à elle. Il attrapa son appareil photo le donna à un vigile avant de lui attraper la main et de la tirer sur scène.

    - Comment vous appelez-vous ? Demanda Ryota en s’avançant vers Louna.

    Pourquoi cette scène lui était si familière ? Elle tourna la tête et vit Laia qui affichait un large sourire.

    - Osaka, murmura-t-elle.

    Il s’était passé exactement la même chose à Osaka lors des répétitions. Quand Ryota avait fait monter Laia sur scène à la grande surprise de Toru. Les membres du groupe avaient manigancé tout ça dans le dos du jeune homme pour qu’ils se rencontrent face à face et qu’ils arrêtent de jouer à cache-cache.

    - Osaki ? Quel nom original. Dis-moi Osaki. Quel est votre membre préféré ? Questionna Toru.

    - À quoi tu joues, Simplet ? demanda-t-elle froidement.

    - Taka? Si je n’étais pas un membre du groupe, je tomberai moi aussi sous son charme.

    Taka s’approcha de Toru et le foudroya du regard.

    - À quoi tu joues, Toru ?

    - La vengeance est un plat qui se mange froid, répondit-il en levant les sourcils pour le narguer.

    - Asseyez-vous, Mademoiselle Osaki. Ne faites pas votre timide, il ne va pas vous manger.

    - On dirait que notre petit Taka est un petit peu timide, lui aussi. Faut-il l’encourager à venir s’assoir à côté de notre charmante demoiselle ?

    Taka donna un coup de poing furtif dans le dos de Toru et alla s’installer à côté de Louna. Ryota se mit au piano puis quelques secondes plus tard Taka se mit à chanter en regardant droit devant lui.

     

    - Pourquoi est-ce que je n’ai pas été prévenu de tout ça ? cria le manager.

    - Ils ne voulaient pas vous faire perdre votre précieux temps pour quelque chose d’aussi futile, dit Laia qui s’amusait comme une folle.

    - Prévoient-ils de faire une autre surprise de ce genre ?

    - En quelques sortes.

    Le manager tourna la tête vers la scène lorsque le public se mit à crier.

    - Pourquoi la scène est en train de s’élever ?

    - La scène ne se lève pas entièrement, juste là où se trouvent Taka et Louna.

    - Pourquoi ?

    - Tenez- vous prêt, à lâcher les canons, dit-elle. Maintenant !

    - Quel canon ?

    Un grand boum se fit entendre.

    - Un canon à neige ?

    Laia afficha un large sourire en voyant le visage surpris de son amie et de Taka. Décidément ils ne s’attendaient vraiment pas à ça. Taka tourna la tête vers Louna qui s’était levée et qui affichait un large sourire tout en tendant la main sur laquelle se posaient des flocons artificiels. Elle ne put s’empêcher de lâcher un cri d’excitation lorsqu’il replaça une mèche de cheveux de son amie derrière son oreille. Elle avait vu juste. Le plan qu’elle avait installé avec les garçons se déroulait à merveille.

    - Préparez-vous à éteindre la lumière.

    - Éteindre la lumière pourquoi ?

    - Parce qu’il ne va pas tarder à l’embrasser. Éteignez ! Cria-t-elle.

    Les lumières de la salle s’éteignirent plongeant la scène dans l’obscurité la plus totale.

     

    Louna cligna des yeux surpris par ce qui se passait. Quelques secondes avant, Taka était en train de chanter cette magnifique chanson et maintenant il se trouvait accroché à ses lèvres.

    - J’aurais préféré que ce soit du remords et pas autre chose, murmura-t-il en s’éloignant brusquement de Louna.

    Taka se dirigea vers le fond de la scène et attrapa une bouteille d’eau. Dans quelle merde s’était-il foutu ?! Il aperçut du coin de l’œil un membre du staff tirer la jeune femme hors de la scène.

    - Taka ! Cria Tomoya par-dessus sa batterie. Qu’est-ce que tu fous ! Il nous reste encore 5 chansons à jouer.

    Le jeune homme essuya son visage et se dirigea au-devant de la scène en affichant son plus large sourire. 5 chansons. Il avait 5 chansons à tenir avant de pouvoir tuer ses amis…

     

    - Le concert était vraiment génial ! dit Tomoya en sautant dans tous les sens. Il y a pas à dire Yokohama est une ville qui déchire !

    - Pour ma part, je préfère Saitama, répondit Ryota en s’affalant sur le canapé.

    Toru se dirigea vers le congélateur et sortit une poche de glaçon avant de dire :

    - Je suis dégouté que ça soit terminé. J’aurais voulu encore jouer une heure !

    - Oh ! Taka. Tu étais passé où ?

    Taka se dirigea droit vers Toru et lui donna un coup de poing au visage.

    - Je peux savoir ce qui te prend ! S’énerva Toru.

    - Tu as failli foutre le concert en l’air avec ta revanche à la noix !

    - Ma revanche à la noix ? Dis plutôt que tu es énervé parce que tu n’as pas été capable de comprendre tout seul ce que tu ressens !

    - De quoi ? Qu’est-ce qu’il ressent ? demanda Tomoya perdu.

    - Réponds Taka. Dis haut et fort ce que tu as découvert grâce à ma revanche à la noix ?

    Taka s’ébouriffa les cheveux et s’assit sur le canapé. 

    - Qu’est-ce que tu as découvert ?

    - Ce crétin éprouve des sentiments pour quelqu’un, répondit Toru en balançant un sac à glaçon sur Taka.

    - Qui ?

    - Louna, murmura le jeune homme en mettant le sac de glace sur sa main droite. Je suis amoureux d’elle.

    - Le concert était spectaculaire, dit le manager en entrant subitement dans la loge. Mais la prochaine fois que vous faites un coup de ce genre, je vous tue. Changez-vous et allez vous reposer pour être en forme pour le concert de demain. 

    Le manager s’apprêta à sortir de la loge mais se retourna :

    - Takahiro. Si tu prévois une idylle avec cette photographe, je te prierai de ne pas le dévoiler immédiatement. L’annonce du mariage de Ryota et le caprice de Toru avec Laia font encore la une des journaux. Le groupe n’a pas besoin d’un autre scandale si tu vois ce que je veux dire.

    - Ce type ne nous a jamais pris pour des êtres humains mais comme des objets qui font gagner du fric, maugréa Toru en lançant sa serviette sur la porte.

    - Alors ? Tu comptes faire quoi avec Louna ? Questionna Ryota.

    - Rien.

    - Comment ça rien.

    - Ce qui s’est passé est une erreur.

    - Louna ! cria Tomoya qui c’était levé pour attraper un t-shirt qui se trouvait à côté de la porte.

    - Le manager a demandé à ce que je prenne des photos de vous dans la loge, déclara-t-elle en entrant.

    Taka posa le sac de glace avant de se lever et de se diriger vers la porte.

    - Va te reposer. Les photos peuvent attendre.

    - Pas la peine. J’ai fini.

    Taka se retourna et fut ébloui par un flash.

    - Merci, dit celle-ci avant de sortir de la pièce.

    - Prétendre que c’est une erreur et jouer l’enfoiré de première, ne te feront pas oublier ce que tu ressens pour elle.

    Taka regarda Tomoya sortir de la pièce étonné de le voir parler ainsi. Depuis toutes ses années, c’était bien la première fois qu’il le voyait avec un visage aussi sérieux.

    - Tomoya a raison. Tu auras beau essayer de te faire passer pour un connard, tu n’arriveras pas à enfouir tes sentiments. Crois-moi. J’ai essayé avec Laia et je n’y suis jamais arrivé. Encore aujourd’hui, je me dis que j’ai de la chance de l’avoir à mes côtés malgré tout ce que je lui ai fait.

    Toru se dirigea vers la porte :

    - Si tu veux un conseil, poursuivit-il. Ne fais pas la même connerie que moi parce que contrairement à Laia, son temps est compté. Et quand tu te réveilleras il sera trop tard.

     

    - Ça fait mal !

    - Tu n’avais qu’à regarder où tu marches ! rouspéta Laia en aseptisant l’égratignure de Toru.

    - Aïe !

    - Reste tranquille !

    - Où est Louna ? Demanda Taka qui venait d’entrer dans le bus.

    - Elle est allée avec Tomoya sur la grande place. Il y a une assemblé de mordu de tango ! Où est-ce que tu vas ? cria Laia.

    - Je n’arrive pas à croire. On s’est mis à trois pour le faire réagir. Sans succès. Toi, tu lui balances la gueule en fleur qu’elle est allée faire du tango avec Tomoya et il s’en va comme un détraqué…

    Il marcha droit devant lui pendant 5 minutes et finit par arriver. C’était donc ça la grande place ? C’était un endroit bétonné qui se trouvait entouré de sable fin avec vue sur la mer. En son centre se trouvait un couple de personne âgée qui dansait du tango. Un peu plus loin des enfants essayaient de les imiter sous le regard amusé de leurs parents qui étaient sur la terrasse d’un restaurant. Il lui fallut moins de 5 secondes pour trouver la jeune femme. Celle-ci se trouvait assis sur un banc et fixait l’horizon. Tomoya quant à lui sortait du restaurant avec une bouteille de Sprite à la main. Il se dirigea vers Louna, se pencha à son oreille avant de lui tendre la main et se diriger sur la plage à l’écart. À quoi pouvait bien jouer Tomoya ? Il posa ses mains sur Louna et se mit à danser maladroitement. Était-il en train de flirter ou rêvait-il ? Il repensa à ce que son ami avait dit avant de sortir des loges et aussi à son visage sérieux. Taka secoua la tête négativement. Tomoya n’éprouvait rien pour Louna, ils avaient juste manigancé encore dans son dos pour lui tendre un piège. Rien de plus, rien de moins !

    Une pulsion meurtrière l’envahit lorsque son ami se pencha à l’oreille de Louna et la fit rigoler. C’était bien la première fois qu’il la voyait rire ainsi. Louna s’arrêta soudainement de danser et regarda dans la direction de Taka. Avant même qu’il  ne se rende compte de ce qu’il faisait, le jeune homme s’avança à grand pas vers elle et l’embrassa.

    - Je t’avais dit de rester dans mon champ de vision. Pourquoi faut-il que tu me rends fou à chaque fois ? murmura-t-il en posant son front contre le sien.

    Louna fit un pas à reculons et fronça les sourcils.

    - Tu as bu ?

    - Non.

    - Tu t’es shooté ?

    Taka afficha un léger sourire et secoua négativement la tête.

    - Tu as mangé quelque chose de mauvais ?

    - Non.

    - Pourquoi tu n’arrêtes pas de m’embrasser alors ? C’est un pari que tu as fait avec tes potes ? Commença à s’énerver Louna. Voyons voir combien de fois, je vais pouvoir embrasser la pauvre cancéreuse ! Faisons lui perdre la tête de toute façon, elle ne lui servira plus dans quelques…

    Taka attira la jeune femme vers elle et l’embrassa cette fois-ci avec fougue et sensualité.

    - Je retourne au bus, amusez-vous bien ? Dit Tomoya avant de partir.

    - Je crains de ne plus vouloir te laisser partir.

    - Hein ?

    Taka tendit la main et caressa la joue de Louna puis ses lèvres.

    - Ce n’est pas du remords mais cette autre chose que je redoutai tant.

    - Cette autre chose…

    - Je t’aime. C’est un fait indéniable.

     - Dans la loge tu as dit…

    - Je passe mon temps à me demander où tu es. Si tu vas bien. Si tu as bien mangé. Je suis contrarié et énervé quand tu es triste. Heureux quand tu souris. Et furax quand tu es en train de parler ou rigoler avec un autre gars. Tu as fait de moi ce que je me suis juré de ne pas devenir. Un mec complètement dingue et jaloux.

    - Vous ne devriez pas être aussi sérieux à votre âge, dit en un parfait anglais une vieille dame

    - Ma femme a raison ! Venez danser. Et mettez de côté vos peurs ! La danse est le remède à tout !

    - La musique est le remède à tout, maugréa Taka.

    Les deux jeunes gens se plièrent à la requête du couple inconnu et se mit à danser une danse qui n’avait rien du tango mais plutôt à un slow. Au bout de quelques secondes de silence qui fut un calvaire pour Taka, Louna se décida enfin à parler.

    - C’est pareil pour moi aussi…

    Taka se retient pour ne pas sauter dans tous les sens.

    - Mais c’est impossible, dit la jeune femme en s’éloignant de ses bras.

    - Pourquoi ?

    - Je vais mourir.

    - Tu ne vas pas mourir.

    - C’est déjà inscrit dans l’histoire.

    - Tu ne mourras pas.

    - Ce n’est pas le répétant encore et encore que ça va changer les choses.

    - Je ne te laisserai pas mourir.

    - Pourquoi a-t-il fallut que tu apparaisses dans ma vie ? dit-elle d’une voix chevrotante.

    - Louna...

    - Je m’étais fait à l’idée que ma vie allait bientôt se terminer et puis tu es apparu et tu m’as donné l’envie de vouloir vivre de nouveau. De croire en un miracle. Mais plus les jours passent et plus les crises me font revenir à la réalité. Une réalité effrayante et solitaire…

    Taka attira la jeune femme et la serra dans ses bras en lui murmurant :

    - Tu n’es pas seule. Et merci… merci de dire enfin ce que tu ressens et d’arrêter de te cacher derrière ce masque.

    - Taka, je…

    - Je ne te laisserai pas, Louna. Quoi que tu dises. Quoi que tu fasses. Je t’aimerai toujours et resterai à tes côtés.

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :