• Chapitre 9

     Froy

     

    - Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à aller à ce bal ? rouspéta Ashley depuis la salle de bain.

    - Parce que ce bal signe la fin de la galère et notre début d'indépendance.

    Froy ne pu s'empêcher de sourire en entendant la jeune femme maugréer des injures en espagnol. Deux mois s'étaient écoulés depuis qu'il s'était rendu au bar. Il avait envoyé sa réponse à Harvard et allait faire des études de droits pour devenir un avocat. Ashley quand à elle avait été prise dans une école prestigieuse de médecine situé non loin de Harvard dans le but de devenir kiné. Trevor avait été pris dans une école d'informatique et Jensen, lui, avait été pris dans une école de stylisme à Boston. Ils s'étaient d'ailleurs rendus à Boston pour aller chercher un appartement la semaine dernière. Appartement qui se trouvait exactement dans le même immeuble que Froy et Ashley.

    - On peut très bien fêter notre indépendance devant un bon vieux film.

    Froy s'apprêta à répliquer mais coupa net en voyant ce qu'il avait devant les yeux. Ashley portait une longue robe bleu nuit à bretelle. Elle avait relevé ses cheveux et avait fait tomber quelques mèches par ci par là. Ses yeux sombres étaient mis en valeur par un far à paupière clair. Froy se leva du lit et se dirigea vers Ashley qui tendit sa main en avant.

    - Ne fais pas un pas de plus !

    - Pourquoi ? Demanda-t-il avec un sourire malicieux sur les lèvres.

    - Je connais ce regard, Froy.

    - Quel regard ?

    - Celui qui dit que tu vas m'arracher ma robe dans la seconde qui suit. J'ai galéré pour en arriver à ce résultat alors calme tes ardeurs.

    - Me prendrais-tu pour un obsédé ? Dit-il d'une voix amusé.

    - Oui !

    Froy vit la jeune femme se raidit subitement et retenir sa respiration. Elle se mit à se dandiner un pied sur l'autre tout en se mordant la lèvre inférieure.

    - Si tu ne veux pas que je te saute dessus alors tu ferais mieux d'éviter de faire ce genre de chose, ma puce, dit-il d'une voix sensuelle.

    - Ne me regarde pas comme ça alors.

    - Ne sois pas aussi belle alors.

    Froy vit Ashley déglutir lorsqu'il lui remit une mèche derrière son oreille. Il l'attira vers lui, plaquant son dos contre son torse.

    - Tu as vu dans quel état tu me mets ? dit-il en frottant son sexe dur contre ses fesses.

    - Je suppose que je vais devoir mettre fin à ton supplice.

    Froy émit un grognement lorsqu'il sentit les mains d'Ashley se poser sur son entrejambe. Elle se retourna et commença à défaire la braguette de Froy tout en plongeant son regard dans celui du jeune homme. Lorsqu'elle toucha son sexe dur un frisson parcouru le jeune homme.

    - Je croyais que tu avais galéré pour te préparer.

    - Évite seulement de me décoiffer.

    Froy se jeta immédiatement sur ses lèvres avant de la porter vers le lit.

     

    - Vous en aviez mis du temps. Qu'est-ce que vous foutiez ! Rouspéta Trevor devant la salle de sport où se tenait le bal.

    Froy vit la jeune femme mettre une mèche de cheveux derrière son oreille et se dandiner sur un pied mal à l'aise.

    - On s'envoyait en l'air, répondit Froy pour énerver Trevor mais aussi pour qu'Ashley continue à adopter ses gestes si adorables.

    - Froy !

    - Bah quoi ? Tu aurais préféré que je dise qu'on a fait une partie de poker ?

    - Super, maugréa Trevor. Comme si j'avais besoin de cette idée dans la tête.

    - Quelle idée ? Celle de la partie de poker ou celle où on s'envoie en l'air ?

    - Pauvre con.

    - Okay. Ça suffit, dit Ashley en poussant Trevor et Froy à l'intérieur du bâtiment.

    - Salut les amis, dit Jensen accompagné d'un garçon d'une vingtaine d'année.

    - Salut.

    - Marc, je te présente Trevor, Froy et Ashley.

    - Les gars je vous présente, Marc.

    - Salut.

    Froy vit la jeune femme ouvrir la bouche pour assener de question le dénommé Marc mais lui coupa l'herbe sous le pied en l'entraînant vers la piste de danse. Où une musique calme filtrait des baffles du DJ.

    - Pourquoi tu as fait ça ?

    - Tu auras tout le temps de questionner ce type une autre fois.

    - Je rêve où tu es jaloux ?

    Froy se pencha vers Ashley avant de répondre :

    - Un Sanchez n'est pas jaloux.

    - Dans ce cas là, tu peux m'expliquer ton comportement envers Trevor tout à l'heure ?

    - Ce crétin est amoureux de toi et je n'aime pas ça. Et ma façon de me comporter ne fait pas de moi quelqu'un de jaloux mais de possessif.

    - Trevor n'est pas amoureux de moi. Il me considère comme sa sœur.

    - Une sœur qu'il aimerait amener dans son lit.

    - Tu es dingue.

    - Dingue de toi oui, dit-il avec un sourire espiègle sur les lèvres.

    À ses mots la musique ainsi que la lumière s'éteignit. Froy vit Trevor se diriger vers le DJ. Quelques minutes plus tard, la chanson de Ed Sheeran retentit dans les enceintes. Un protecteur s'alluma sur eux.

    - Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Ashley en clignant des yeux.

    - Danse avec moi.

    Froy attrapa la main gauche d'Ashley la plaça dans son dos puis pris sa main droite dans sa main et commença à bouger en rythme. Après quelques secondes de danse, Froy plongea son regard dans les magnifiques yeux sombres d'Ashley et lui murmura :

    - Épouse-moi.

    Comme il s'y attendait Ashley s'arrêta immédiatement de danser pour le regarder d'un air ébahit.

    - Vivre 2 ans loin de toi a été un véritable supplice et je refuse de revivre ça une seconde fois. Tu es l'amour de ma vie. Le soleil qui illumine mes jours et la fille qui m'a sorti de cet enfer.

    Froy tendit la main et remis une mèche de cheveux derrière ses oreilles avant de poursuivre :

    - Je t'aime. Et je t'aimerai pour le restant de mes jours.

    - Froy...

    - Épouse-moi.

    Froy accueillit les lèvres pressentes d'Ashley contre les siennes. Il savait sa réponse mais une part de lui voulait qu'elle le dise à voix hautes. Il voulait l'entendre et se sentir rassurer.

    - J'ai besoin d'entendre ta réponse, Ash.

    - Oui.

    - Oui ?

    - Oui !

    Froy serra Ashley contre lui et la fit tournoyer avant de l'embrasser sous les sifflements de tout le monde.

    - Félicitations, dit la voix de Jensen.

    - T'as intérêt à la rendre heureuse, enfoiré.

    Froy serra la main de Trevor avant d'ajouter :

    - Jusqu'à mon dernier souffle de vie.

    - À la vie à la mort, compléta Jensen.

    - Je terrasserai le destin, poursuivit Jensen.

    - Et le mettrai de mon côté quitte à me mettre l'enfer sur le dos, dit Ashley en serrant la main de Froy.

    Les quatre amis d'enfance se serrèrent dans les bras plus heureux que jamais. Il avait traversé la joie, la souffrance, la douleur, la colère, la perte d'un être cher. Ils avaient bravé le destin et terrassé toutes les étapes qu'il avait mis sur leur route tout en continuant à rester debout. Ils savaient qu'il y en aurait d'autre jusqu'à la fin de leur jour mais tant qu'ils étaient là les uns pour les autres ils y arriveraient.

     


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  • Chapitre 8

     Froy

    Cela faisait 1 semaine que Froy n'avait pas vu Ashley. Elle ne s'était pas pointée en cours et ne se montrait pas devant chez elle. Il avait voulu lui envoyer un message où même l'appeler mais qu'aurait-il pu bien dire ? Elle attendait de lui qu'il abandonne son frère ainsi que son gang et il lui était impossible d'accéder à sa requête. Même si le désir de la voir et de la serrer contre lui était intenable, il ne pouvait pas faire ce qu'elle lui demandait. Il se sortit de sa chambre et se dirigea devant son frigo pour en sortir une bière. Il y retrouva son frère assis devant la table de la salle à manger.

    - Qu'est-ce que tu fous dans le noir ? Demanda Froy en allumant la lumière.

    - Tu peux m'expliquer ça ?

    Froy se figea en voyant une lettre avec le sceau de Harvard en haut de la feuille. Comment avait-il trouvé sa lettre d'admission alors qu'il avait pris soin de la brûler ?

    - Où est-ce que tu as eu ça ?

    - La question n'est pas où je l'ai eu mais pourquoi je ne suis pas au courant ?

    - Parce que ce n'est pas important.

    - Pas important ? C'est une lettre de Harvard, bordel. Tu ne comptais jamais m'en parler ?

    - On peut dire ça ouais, dit-il en attrapant la lettre avant de la jeter à la poubelle.

    - Ce n'est pas en jetant les lettres à la poubelle que ça va effacer le fait que tu sois pris à Harvard.

    - Les lettres ?

    Froy vit son frère lever le doigt et le pointer vers la fenêtre. Il se dirigea vers elle et étouffa une injure en voyant un millier de feuille devant la maison. On pouvait à peine voir le gazon, ni le goudron. Des feuilles avaient même été scotchées sur les arbres du quartier.

    - Putain de merde ! Qui est l'enfoiré qui a fait ça !

    - On se contrefout de celui qui a fait ça, Froy ! répondit Féliz d'une voix froide. Tu as été admis à Harvard !

    - Ne t'inquiète pas. J'ai bien fait comprendre que je refusais la place.

    - Tu as fait quoi ? Tu es devenu cinglé ou quoi ?

    - Sympa de me soutenir...

    - Tu as trop pris de coup sur la tête ?

    - Je n'y crois pas. Tu vas t'y mettre toi aussi ? Ashley ne me parle plus parce que j'ai choisi le gang à la place de Harvard. Elle...

    - Tu n'es qu'un abruti !

    - Pardon ?

    - Tu as la chance de sortir de cette merde et toi tu l'envoies direct à la poubelle ! Et dire que tu es le plus intelligent de nous deux...

    Froy cligna des yeux surpris par le comportement de son frère.

    - Va chercher ton portable.

    - Pourquoi ?

    - Tu vas appeler ses coincés du cul et leur dire que tu acceptes la place.

    - Je viens de te dire que je refusais d'y aller.

    - Le gang n'a pas besoin de toi... Ni moi !

    - Tu...

    Froy s'arrêta immédiatement de parler lorsque son frère tapa sur la table avec une force inouïe faisant tomber un verre qui se trouvait dessus.

    - Depuis quand suis-je devenue un boulet pour toi ?

    - Je n'ai jamais dit que tu l'étais.

    - Dans ce cas là, pourquoi refuses-tu d'entrer à Harvard ? s'énerva-t-il.

    - Je... Tu es la seule famille qu'il me reste, finit-il par avouer. S'il par malheur, il t'arrivait quelque chose...

    - Ce qu'il m'arrivera ne concernera que moi et moi seul ! C'est ma vie et pas la tienne !

    Féliz tourna la tête vers la fenêtre puis poursuivit les yeux toujours plongés dehors.

    - Le jour où maman est rentrée de la maternité, tu ne cessais de brailler comme un détraquer. Elle avait tout essayé pour te calmer mais rien n'y faisait. J'en avais tellement marre que je te suis venu devant ton berceau, j'ai tendu la main et là tu as serré ta main autour de mon doigt et tu t'es mis à sourire. Depuis ce jour, je me suis promis de te protéger et de t'éloigner loin du monde des Sanchez. Quand je suis sorti du coma et que j'ai appris que tu avais pris le contrôle des Familia Serpiente le temps que je me remette sur pied j'étais à la fois furax, fier de toi mais aussi envahit par une culpabilité énorme. Moi qui m'étais promis de t'éloigner le plus possible de mon monde j'avais fini par t'y entraîner.

    - C'était mon choix.

    - Et le mien, maintenant. C'est de protéger et assurer ton avenir.

    - Quoi ?

    - Froy Sanchez...

    - Qu'est-ce qui te prend ?

    Féliz éloigna son fauteuil de la table, agrippa le rebord puis se redressa sous le regard ébahit de Froy. Celui-ci fit un pas puis deux tout en s'aidant avec la table. Froy s'apprêta à aller vers lui pour l'aider mais Féliz lui fit signe de rester où il est.

    - Je te libère de tes obligations.

    - Frangin...

    - Et je te conseille aussi d'aller voir immédiatement ce petit dragon rebelle.

    Froy cligna des yeux essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Était-il libéré ? Pouvait-il vraiment faire ce qu'il voulait ? Il sortit de ses réflexions lorsque son frère le serra dans ses bras.

    - À moins que tu veuilles me la céder...

    Froy se raidit en entendant ses paroles. Même s'il aimait son frère. Il aimait encore plus Ashley. Et il était hors de question qu'il la cède à quelqu'un d'autre. Il attrapa ses clés de voiture et se dirigea hors de la maison. Il manqua de s'étaler de tout son long en dérapant sur une feuille qui se trouvait sur le perron mais se rattrapa de justesse. Il franchit l'allée goudronnée jonchée de feuille puis se dirigea vers sa voiture mais stoppa nez en voyant Trevor et Jensen installés sur le capot.

    - Pour quelqu'un qui est admis à Harvard, je trouve que tu as le cerveau au ralenti, ricana Trevor en s'éloignant de dessus le capot.

    - C'est vous qui avez fait ça ?

    - C'est une idée de Trevor, dit Jensen en descendant à son tour de dessus la voiture.

    - Hé ! Ne me met pas tout sur le dos. C'était ton idée d'aller parler à Féliz !

    - Vous avez parlé à mon frère ?

    - Il fallait bien que quelqu'un t'ouvre les yeux, répliqua sèchement Trevor.

    - Quoi ?

    - L'idée que tu sortes avec Ashley, me déplait toujours autant.

    - Trévor. On s'était mis d'accord !

    - J'aime Ashley mais son bonheur est plus important pour moi. Et si ça signifie te la laisser alors je le ferai.

    - Ce que Trevor essaie de dire c'est qu'on tient trop à Ashley pour qu'elle souffre de nouveau. On ne pouvait pas rester les bras croiser et vous laissez vous déchirer à cause de quelque chose de stupide.

    - Où est-elle ?

    - Au bar de son oncle.

    Lorsque Froy franchit la porte du bar, une vingtaine de membre des Familia Serpiente se tenait à leur place habituelle. Il tourna la tête et vit Ashley en train de ranger sa guitare.

    - Salut F, dit Mikey à côté de lui.

    Ashley tourna subitement la tête et plongea son regard dans le sien une lueur de surprise traversa ses magnifiques yeux sombres. Il s'avança vers elle mais fut stopper net par Rulio. Celui-ci avait croisé ses bras sur sa poitrine et le toisait d'un regard froid.

    - Retourne auprès des tiens, gamins. Et reste éloigner de ma nièce.

    - Je ne peux pas faire ça.

    Rulio pencha légèrement la tête tout en arquant son sourcil droit. Il savait que si son oncle en venait aux mains il n'aurait aucune chance de s'en sortir indemne. Mais abandonner signifiait la fin de tout.

    - Je sais que je n'ai pas une famille idyllique et que je ne corresponds pas au parfait petit ami que vous vouliez pour votre nièce. Je ne suis pas le joueur de football américain populaire bien vu de tous. Je suis seulement le type qui a accepté de changer son avenir et entrer Harvard juste parce qu'il a peur de continuer sa vie loin de la personne qu'il l'aime. Je suis seulement un crétin amoureux de votre nièce. Un crétin qui l'aime de tout son cœur et de toute son âme.

    Froy vit Rulio se relâcher avant d'afficher un léger sourire et de s'écarter de son passage. Froy s'avança vers Ashley, lui toucha la joue. Il savait qu'il n'avait pas besoin d'en dire plus car il savait qu'elle avait compris. Il avait toujours su lire en Ashley comme un livre ouvert tout comme elle savait comment il se sentait juste avec un regard. Sa main se glissa derrière la nuque de la jeune femme et l'attira vers lui avant de l'embrasser. Des sifflements se firent entendre dans tout le bar et un sentiment possessif l'envahit. Il l'attira un peu plus contre lui la plaquant entièrement contre lui. Elle leva les bras et se mit sur la pointe des pieds pour avoir plus accès à ses lèvres. Lorsque leurs lèvres gonflées se dessoudèrent, il alla plonger son visage dans son cou et respira à plein poumon. Cela faisait 1 semaine qu'il ne l'avait vu et il avait l'impression de ne pas l'avoir touché depuis des années.

    - Je t'aime, murmura-t-il à son oreille.

    - Je t'aime aussi.

     


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  • Chapitre 7

     Froy

    Froy était partie de chez Ashley une fois endormie. Il savait qu'il devait s'éclipser avant le retour de son oncle même s'il mourrait d'envie de rester lové contre elle. Si son oncle apprenait qu'il avait couché avec sa nièce sous son toit, il n'aurait pas donné cher pour sa vie. Après tout, on ne le surnommait pas Cobra pour rien. Rulio était loin d'être un enfant de cœur comme le pensait sa nièce. Celui-ci avait été le chef des familia Serpiente lorsqu'il était jeune et avait fait régner l'ordre jusqu'à la mort de son frère lors d'une dispute entre gang qui avait mal tournée. La mort du frère d'Ashley lui avait ouverts les yeux. Il avait abandonné les gangs et avait ouvert un bar avec son bras droit, Pietro.

    - Je vois que ta soirée, c'est terminée en beauté hier, dit Féliz devant le frigo.

    - On peut dire ça oui.

    - On peut dire ça ? T'as bouffé tout le poulet que Maria avait fait hier...

    - En parlant de Maria. Tu attends quoi pour la proclamer ?

    - Ne change pas de sujet, petit frère.

    - Elle s'est terminée en beauté oui.

    - Pourquoi ais-je l'impression que quelque chose te tracasse ?

    - Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

    - Ça fait 1h que tu es devant ta tasse de café et que tu n'y as pas touché.

    Froy se leva et alla jeter le café dans l'évier avant de se tourner vers son frère.

    - J'ai peur qu'elle puisse changer d'avis et remarquer que ce qui s'était passé hier soir était une connerie.

    - Ça n'arrivera pas.

    - Qu'est-ce que tu en sais ?

    - Parce qu'elle a baisé avec un Sanchez. Et toute meuf qui baise un Sanchez en redemande après.

    - Pas sur que ça suffise...

    Froy attrapa son sac de cours et sortit de la maison une boule au ventre. Depuis qu'il s'était réveillé ce matin, il n'avait cessé d'être envahit de doute et d'incertitude. Et si cette nuit n'avait été qu'un rêve et rien d'autre ? Il savait qu'Ashley détestait les gangs et même s'ils sortaient ensemble, elle ne pourrait jamais accepter le fait qu'il fasse parti des Familia Serpiente. Il sortit son téléphone de sa poche et constata qu'il n'avait reçu aucun appel ni aucun SMS. Il ouvrit l'application pour envoyer un message à la jeune femme pour savoir si elle avait bien dormi mais se ravisa immédiatement, peur de sa réponse.

    - Salut F.

    - Salut, répondit-il en rentrant dans la voiture.

    - Tout baigne, mec ?

    - Ouais.

    Froy vit Mikey lever son sourcil droit avant de reporter son attention sur la route. C'était ce qu'il adorait chez ce type. Il savait quand il fallait se taire, quand il n'était pas nécessaire de continuer. Dix minutes plus tard, ils se retrouvèrent sur le parking du bahut où tous les gars les attendaient ainsi que Mandy la pom-pom-girl blonde aux mains baladeuses. Froy se raidit lorsqu'il vit la blondinette lui sauter au cou. Elle tenta de l'embrasser mais il tourna la tête immédiatement.

    - Ça ne va pas, bébé ?

    Il s'apprêta à répondre mais repéra Ashley avec Jensen et Trevor. Ce dernier faisait des grands gestes et regardait furieusement Ashley. Il la vit serrer les poings, signe que ce qu'elle entendait ne lui plaisait pas du tout. Lorsqu'il la pointa du doigt Jensen se décala et se plaça au milieu tout en leva les mains en l'air comme s'il essayait d'apaiser les tensions.

    - Bébé ?

    Froy se dégagea son bras retenu par Mandy puis se dirigea vers Ashley.

    - Tu n'es qu'une puta !

    Sans ce rendre compte de ce qu'il faisait Froy leva le poing et l'abattit sur Trevor qui s'étala de tout son long.

    - Répète pour voir, cabron ! le menaça-t-il.

    - Froy ! Calme-toi ! dit Ashley en posant ses mains sur son torse.

    Trevor se remis sur ses pieds, essuya le sang sur son nez avant de partir avec sur les talons Jensen.

    - Qu'est-ce qui t'a pris de le taper ! s'énerva-t-elle.

    - Il t'avait insulté !

    - Et alors ! J'avais la situation en main ! Retourne bécoter ta blondasse et laisse moi gérer ça !

    Froy leva les yeux au ciel avant d'attraper la main d'Ashley l'obligeant à se retourner.

    - Je préfère les brunes aux regards de braises et qui adore hurler mon nom quand je leur fait l'amour, dit-il en lui caressant la joue puis ses lèvres.

    - Il doit y avoir beaucoup de brune alors dans ton harem. Vu le nombre qui défile autour de toi.

    - Seule une a un regard de braise, dit-il en posant ses mains sur ses hanches avant de l'attirer contre lui.

    - Il a appris pour nous. Et ne l'accepte pas, dit-elle en lâchant un soupir attristé.

    Froy retient sa respiration lorsque les yeux tristes de la jeune femme viennent rencontrer les siens. Elle n'avait pas besoin de parler pour savoir qu'elle était effrayée de perdre son meilleur ami. Il se pencha et l'embrassa tendrement sous les sifflements des membres de son gang.

    - Laisse lui le temps. Tu connais Trevor. Son cerveau est trois fois plus lent que la normal.

    Froy sentit la jeune femme sourire contre lui. Il desserra son étreinte et lui attrapa la main avant de la tirer à l'intérieure du bâtiment. Ils franchirent le couloir du hall sous les chuchotements et les regards en biais. Ils avaient à peine franchis le milieu du couloir que Cintia, se posta devant eux furieuse.

    - Qu'est-ce que tu fais avec cette meuf, F ? demanda-t-elle en espagnol.

    - Cette meuf est ma copine.

    - Ta copine ?ricana-t-elle. Encore une autre parmi tant d'autre.

    - Elle n'a pas tort sur ce coup la...

    - Tu pourrais m'aider au lieu de m'enfoncer ?

    - Et manquer le privilège de te voir récolter ce que tu as semé ? Je préfère m'abstenir.

    Froy ne pu s'empêcher de sourire face à sa répartie. Elle était en train de lui faire payer l'histoire avec Mandy. Même si elle l'avait vaguement soulevé, elle n'avait pas apprécié que la blondinette ne lui saute au cou...

    - Je te connais F. Tu me reviendras comme tu l'as toujours fait.

    - Tu ne dois pas me connaître aussi bien alors. Parce que j'aime cette fille autant que ma propre vie et jamais plus je ne la laisserai s'enfuir loin de moi.

    Froy se raidit en voyant Cintia détailler de la tête au pied Ashley. Qu'allait-elle faire ? Cintia n'était pas le genre de fille à rester les bras croiser. Elle était plutôt du genre bagarreuse et chieuse de premier ordre. Elle afficha un léger signe de menton avant de s'éloigner avec ce déhancher si sensuel.

    - C'était quoi ça ? Demanda Ashley outré. Même pas une gifle ? Même pas un coup de pied placé là où il faut ?

    - T'es sérieuse ? Je déclare mes sentiments envers toi haut et fort, et toi tout ce que tu trouves à dire c'est pourquoi elle m'a pas castré ?

    Froy sentit son cœur loupé un battement en l'attendant rigoler. Elle enroula ses bras autour de lui avant d'attirer ses lèvres et l'embrasser devant tout le monde.

    - Je ferais mieux d'aller en cours, dit Ashley en s'éloignant.

    Froy tendit la main attrapa celle d'Ashley la faisant se retourner avant de l'embrasser une nouvelle fois.

    - Il faut vraiment que j'y ailler Froy, entre deux baisers.

    Froy dû rassembler toute sa volonté pour s'éloigner des lèvres d'Ashley. Il la regarda disparaître derrière la porte puis se retourna pour se rendre à son tour en cours de sport. Lorsqu'il arriva dans le gymnase tout le monde était assemblé au centre. Le prof de sport était en train de distribuer l'attirail de protection.

    - Je tiens à prévenir. Nous allons pratiquer un sport de contact et non un sport de rue, dit-il en regardant les membres de gangs. Frapper sans trop frapper, et éviter de faire saigner. Tout combat à l'enceinte du gymnase devra être oublié lorsque vous aurez franchis les portes. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

    - Oui, répondirent les élèves à l'unisson.

    Froy enchaîna les combats un à un jusqu'à arriver face à Trevor. Celui-ci le regardait avec une aura meurtrière. Il se plaça devant Froy et lui fonça dessus avant que le prof ne siffle dans son siffler. Il essaya de lui filer un crochet du droit mais Froy l'esquiva sans la moindre difficulté.

    - Défend toi ! s'énerva Trevor.

    - Ashley me tuera si je pose la main sur toi, dit-il en esquivant une autre attaque.

    - Je t'interdis de prononcer son nom !

    - C'est quoi ton problème mec ? T'es en rogne parce qu'elle t'a pas dit pour nous ou juste parce qu'elle ne t'a pas choisis toi ?

    Trevor poussa un cri de rage avant de se jeter sur Froy le plaquant au sol avant de le frapper encore et encore.

    - Sur toutes les filles qu'il y a autour de toi, il a fallut que ce soit Ashley !

    - Cruz ! Gueula le prof de sport en se précipitant vers Trevor avant de l'éloigner de Froy.

    - Tu crois que c'est facile pour moi ? s'énerva à son tour Froy en enlevant son masque de protection avant de le jeter au sol. Tu crois que je n'aurais pas préféré tomber amoureux de quelqu'un d'autre ? De mettre en danger la vie d'une autre personne qu'elle ? Mon destin était scellé avant même que je rentre chez les Familia Serpiente ! Mon grand père, mon père, mon frère... Je n'étais pas dupe. Je savais qu'à un moment donné j'allais finir par devenir un Serpiente. J'ai essayé de la repousser. J'ai même essayé de l'oublier mais elle s'est insinué dans chaque pore de ma peau. L'idée de rester éloigné d'elle m'insupporte. Et rien que de penser de vivre loin d'elle, me donne envie de me tirer une balle dans la tête !

    - Tu es amoureux d'elle ? Dit Trevor en se calmant immédiatement.

    - Oui !

    - Je croyais que tu étais juste en train de t'amuser avec elle.

    - Jamais je ne ferai ça.

    - Je n'accepterai jamais votre histoire...

    Froy voulu répliquer mais Trevor lui coupa l'herbe sous le pied en poursuivant :

    - Pas tant que tu feras parti d'un gang, dit Trevor avant de partir.

    L'heure du déjeuner arriva au grand soulagement de Froy qui mourrait d'envie de tenir contre lui Ashley. Lorsqu'il aperçut celle-ci était assise à une table avec Jensen sur sa gauche et Trevor en face d'elle. Les tensions qui avaient eu lieu ce matin avait était vite effacé. Froy arriva derrière Ashley et l'embrassa sur la joue avant de se mettre à côté d'elle et la serrer dans ses bras tout en inspirant son odeur.

    - Tu m'as manqué, dit-il dans son cou.

    - Toi aussi.

    - Je dois aller à mon cours de rattrapage, maugréa Trevor en s'éloignant.

    - Quelle tête de cochon, soupira Jensen en piquant une fritte dans l'assiette d'Ashley.

    - En parlant de cochon. Il y a une rumeur qui circule depuis tout à l'heure.

    - Une rumeur ?

    - Celle disant que tu t'es battu avec Trevor en cours de sport.

    - On s'est battu ? Je n'étais pas au courant.

    - Froy...

    - Avant que tu te mettes à me balancer quelque chose dessus. Je ne l'ai pas touché. C'est plutôt lui qui s'est défoulé sur moi.

    - Trevor ? Se défouler sur toi ? Répéta-t-elle en plissant des yeux.

    - J'ai très bien vu que tu me punirais de la pire des façons si je reposais la main sur Trevor.

    - Je vois que votre querelle d'amoureux est terminée, dit une voix rauque derrière eux. Vous allez donc pouvoir vous attaquer à l'exposé que je vous ai demandé de faire. À moins bien sur que vous ne vouliez passer les 3 prochains mois en retenue ?

    - On y travaille encore.

    - Vous avez jusqu'à demain.

    - On y travaille encore ? Demanda Froy en regardant leur prof d'histoire disparaître derrière une porte.

    - On a intérêt à s'y mettre et vite.

    Froy suivit Ashley à la bibliothèque en prenant soin de ne pas lâcher une seule seconde la main de la jeune femme. Ils s'assirent autour d'une table puis attrapèrent des livres qui pourraient les aider à faire leur exposé.

    - Tu ferais mieux de te concentrer sur ce que tu lis, Froy.

    - Je n'y peux rien. Tu es tellement belle, que je ne peux pas détacher mon regard de toi.

    - Froy. Je n'ai vraiment pas envie de passer le reste de ma scolarité en colle.

    Froy attrapa la chaise d'Ashley et la tira vers lui de façon à ce qu'elle soit collée contre lui.

    - Ses heures de colle, ne m'empêcheront pas de faire ce que j'ai prévu de faire avec toi.

    Froy afficha un sourire taquin lorsqu'il vit la jeune femme retenir son souffle. Il plaça une main derrière son dos et la tira vers lui avant de l'embrasser. Lorsqu'il s'éloigna d'elle un sourire béant flottait sur les lèvres de la jeune femme avant qu'elle ne secoue la tête pour reprendre ses esprits.

    - Garde tes mains dans tes poches et concentre toi, Alvarez.

    Froy regarda Ashley disparaître derrière les rayons géographiques un sourire amusé sur ses lèvres. Il s'apprêta à la rejoindre lorsque son prof de science fit son apparition, lui bloquant le passage et le fusillant du regard.

    - Le délai que je t'ai donné est écoulé, Froy. Je veux une réponse maintenant. Et n'essaye pas de t'esquiver encore une fois !

    - Ma réponse est non.

    - Tu y as réfléchis au moins ?

    - Ouais entre deux bastons.

    - Je ne trouve pas ça drôle, Froy ! Ce que je t'offre est la chance de ta vie !

    - Allez donc la donner à quelqu'un d'autre, répliqua-t-il sèchement.

    - Tu es le meilleur élève de cette école. Personne d'autre ne mérite une telle opportunité que toi. Avec ton intelligence tu pourrais faire de grande chose...

    - Mais bien sur...

    - Tu pourrais subvenir aux besoins de ton frère et vous sortir de cette galère.

    - Qui vous dit que j'ai envie de sortir de cette galère ?

    - Tes notes ! Si tu en avais rien à faire tu n'aurais pas un tel palmarès scolaire.

    - Qu'est-ce qui se passe ?

    Froy se raidit en entendant la voix d'Ashley sur sa gauche. Il était tellement occupé à rabrouer son prof qu'il n'avait pas fait attention de sa présence.

    - Froy. Tu...

    - Ma réponse a été donnée. Allez emmerder quelqu'un d'autre.

    Froy se leva, attrapa la main d'Ashley avant de sortir.

    - De quoi vous étiez en train de parler ?

    - Rien d'important.

    - Si ça avait été rien. Tu ne serais pas aussi énervé. Qu'est-ce qu'elle voulait ?

    Froy s'arrêta de marcher et leva les yeux au ciel avant de prendre une grande inspiration. Elle avait toujours eu le don de lire en lui en un clignement de yeux, mais la il aurait donné tout ce qu'il avait pour que ce don ait disparu lors de son accident de voiture.

    - Froy...

    - Elle a envoyé ma candidature à Harvard et j'ai été reçu.

    - Harvard ? Sérieux ? C'est super !

    - Non ! s'énerva Froy subitement.

    Froy sentit sa colère s'envoler lorsqu'Ashley retira sa main de la sienne.

    - Pourquoi non ?

    - Parce que c'est impossible.

    - Pourquoi ?

    - Aurais-tu oublié qui je suis ? Ma famille fait partie d'un gang. Je fais partie d'un gang.

    - Tu peux toujours le quitter.

    - On a déjà eu cette conversation, Ash. Je ne quitterai ni mon frère. Ni le gang.

    - Et moi ? Je suis où dans tout ça ?

    - À mes côtés.

    - Tu me demandes de rester dans un endroit où une fille ne peut pas se promener sans ce faire agresser. Où une personne qui est attiré par le même sexe que lui ne peut pas vivre pleinement sa vie. Où des enfants finissent par mourir alors qu'ils ont toute une vie devant eux.

    - Ash...

    - Le jour où j'ai eu mon accident. Je me rendais chez toi pour te souhaiter ton anniversaire. Je voulais te faire une surprise. Mais je n'ai pas pu faire trente mètre avant qu'une gamine ne s'écroule au sol après avoir reçu une balle en pleine poitrine. Je sens encore sa vie s'écouler entre mes doigts. Je ne peux pas fermer l'œil de la nuit à cause de ça. Pas parce que j'ai été renversé par une voiture mais parce qu'une gamine de 7 ans est morte sous mes yeux sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Il ne se passe pas un jour où je me demande ce qu'aurait été ma vie si je ne t'aimais pas. Serais-je encore en train de danser ? Serais-je encore dans cet endroit ? Aurais-je continué à grandir dans cet enfer ? Est-ce que j'aurais dormi une nuit entière sans faire de cauchemar ?

    Froy essaya de prendre Ashley dans ses bras mais celle-ci fit un pas à reculons pour éviter tout contact.

    - Je t'aime Froy. Mais rester auprès de toi et te voir risquer ta vie inutilement avec ton gang. Je pourrais le supporter.

    Froy regarda Ashley s'éloigner de lui sans un regard en arrière. Il aurait voulu lui courir après pour essayer de la faire changer d'avis mais son cerveau refusait de donner l'ordre. S'il la retenait alors cela voulait dire qu'il abandonnait son frère et ça il en était hors de question. Il avait déjà perdu tous les membres de sa famille. Il ne laisserait pas son frère livré à son sort. Son pied droit s'avança au dépriment de son cerveau. Il serra le poing et donna un coup dans la vitre du tableau d'affichage qui se brisa en mille morceaux.

     


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  • Chapitre 6

     Froy

     

    Froy regardait Ashley marcher en direction de chez elle à travers la fenêtre essayant de se convaincre qu'il avait fait le bon choix. Il repensa à la douleur qu'elle avait affichée lorsqu'il lui avait dit toutes ses choses. À la larme qui avait coulé le long de ses magnifiques yeux sombres. À cet instant, il s'était fait violence pour ne pas revenir sur ses paroles et la tenir dans ses bras. Il s'éloigna de la fenêtre et tapa dans quelque chose. Il s'accroupit en lâchant une grimace à cause de l'entaille de son abdomen qui lui faisait atrocement mal et ramassa une des chaussures qu'Ashley avait lancé dans sa direction avant qu'elle ne sorte de ses gong comme elle avait l'habitude de faire. Un sentiment de vide l'envahit subitement. Il avait comme l'impression qu'on lui ait arraché une partie de lui. Il avait ressentit ce genre de sensation lorsqu'Ashley était partie sans un mot 2 ans après. Mais le vide à l'intérieure avait vite été remplacé par la colère. Le cœur qui avait été broyé par l'absence d'Ashley s'était fortifié et avait fini par se transformer en un rouage mécanique. Il marchait sans marcher. Ne battait sans jamais être entendue. Les filles qui étaient pourtant passées dans son lit avaient bien essayées de le faire marcher mais celui-ci refusait de se remettre en route. Ce traître s'était remis à fonctionner lorsqu'il l'avait retrouvé en cours quelques jours plus tôt. Il avait d'abord tenté de rester éloigné le plus possible d'elle mais son corps faisait le contraire de ce que son cerveau lui disait. Il était devenu un de ses drogués accro à la cocaïne sauf que là, la drogue était Ashley. Avant même qu'il ne se rende compte, la fille qu'il avait essayé d'effacer de sa vie ne cessait d'hanter ses esprits. À chaque fois qu'il la voyait, il luttait contre ses instincts et finissait par déraper. Les lèvres pulpeuses d'Ashley surgirent dans son esprit, suivit de près par son corps en chair et en forme.

    - Ressaisis-toi, Sanchez ! Maugréa-t-il en balançant les chaussures par la fenêtre.

    Il sortit de sa chambre et se dirigea dans la cuisine où il trouva son frère en train de se faire un sandwich extra large.

    - Les Sanchez ont toujours la dalle après une partie de cul, dit-il en mordant dans son sandwich.

    - Tu avais cas réduire tes partenaires à un, ricana Froy en attrapant une bière dans le frigo.

    - Un ou deux. Où est la différence ? répondit-il d'une voix désinvolte. Je boufferai un bœuf entier.

    - Il risque d'y avoir une pénurie de bœuf alors.

    - Aucun risque. Vu que tu ne manges des encas que lorsque tu couches avec ce petit dragon indomptable.

    Froy qui s'apprêtait à boire une gorgée stoppa son geste et regarda son frère en fronçant les sourcils.

    - Sur toutes les gonzesses que tu as serrées, je t'ai vu manger un sandwich qu'une seule fois. Il semblerait que ton appétit s'agrandit que lorsque tu baises une fille que tu aimes.

    - Je ne te savais pas aussi romantique, frangin.

    - Tu es amoureux d'elle non ? Je te connais comme si je t'avais fait, petit frère. Ça se lit dans ta façon de la regarder mais aussi dans la façon que tu as de tabasser tous les gars qui s'approchent un peu trop près d'elle.

    - Que je sois amoureux d'elle ou non ne change rien.

    - À quoi ?

    - On ne peut pas être ensemble.

    - Pourquoi ?

    - Je fais partie des Familia Serpiente. Ça te suffit comme réponse ?

    - Et alors ?

    - Elle déteste les gangs, et sortir avec moi ferait d'elle une cible facile.

    - Tu n'es qu'un crétin, petit frère.

    - Quoi ?

    - Ce n'est pas parce qu'elle déteste les gangs qu'elle ne peut pas t'aimer toi tel que tu es. Et puis sans vouloir te faire baliser, tu as déjà mis une cible sur sa tête. En la revendiquant, dit-il en enlevant la bouteille de bière à son frère pour boire dedans.

    - Je peux toujours annuler cette revendication.

    - Une revendication ne peut être annulée sans autorisation.

    - Qui peut la donner ?

    - Moi.

    - Annule la, alors.

    - Pas question.

    - Je suis ton frère, bordel ! Tu pourrais me rendre ce service.

    - Tes motifs d'annulations de revendications ne sont pas valables, petit frère, dit Féliz avec un sourire amusé sur les lèvres.

    - Pourquoi ?

    - Okay. Répond moi franchement sur tes sentiments et je te donnerai ma décision. Que ressens-tu pour ce petit dragon ?

    - Rien.

    - Mauvaise réponse, dit Féliz en imitant un buzzer imaginaire.

    - Bordel ! Féliz !

    - Que ressens-tu pour Ashley ? répéta-t-il en plongeant son regard dans celui de son frère.

    Froy ferma les yeux brièvement et vit apparaître le visage d'Ashley. Ses yeux marron foncé, son nez fin, ses lèvres pulpeuses, son sourire angélique et son rire cristallin. Ses doigts se mirent à picoter lorsqu'il s'imagina toucher sa peau si douce.

    - Je l'aime. T'es content ? Maintenant annule cette revendication.

    - Non, dit-il en s'éloignant de la cuisine.

    - Bordel de merde, Féliz ! S'énerva Froy.

    - Je fais ça pour ton bien, petit frère. Car ce n'est pas une fois que tu l'auras perdu que tu devras bouger ton cul. Crois moi. Ne fais pas la même erreur que moi.

    Froy vit son frère poser les chaussures qu'il avait jeté dehors sur la petite table à côté du canapé.

    - Je ne veux pas qu'elle soit blessée, murmura-t-il.

    - Dans ce cas là, protège la comme un homme, mi Hijo. Protège là comme un Sanchez le ferait.

    Féliz disparu derrière la porte de sa chambre laissant Froy plongé dans ses réflexions. Il s'approcha des chaussures et vit à l'intérieur un mot. Il l'attrapa et le déplia :

    « Ramène ses chaussures à cendrillon

    avant que je n'y mette la main dessus moi ».

    Un sentiment de possessivité et de jalousie envahit Froy en voyant le message de son frère. Il s'avait qu'il ne toucherait jamais un seul cheveu d'Ashley mais il avait vu immédiatement rouge. Rien que de penser que Féliz puisse toucher la peau si douce d'Ashley ou même qu'un autre type puisse la toucher, une colère fulgurante le submergea. Ashley était à lui et à personne d'autre. Gang ou pas gang. Autorisation de Rulio ou non. Il attrapa ses clés de voiture et sortit de la maison en courant. Il s'installa derrière le volant en réprimant une grimace de douleur à cause de l'entaille sur son ventre puis démarra. Une fois arrivé devant la maison d'Ashley, il se dirigea directement vers la baie vitrée de sa chambre qu'il retrouva éteinte. Il poussa la porte qui coulissa sans le moindre bruit puis entra. Une fois à l'intérieure il se dirigea vers le salon éclairé et y retrouva Ashley debout devant l'évier en train de fixer l'eau qui coulait du robinet.

    - Tu devrais apprendre à fermer ta porte.

    - Qu'est-ce que tu veux, Froy ? Demanda-t-elle sans quitter des yeux l'eau.

    - Je viens chercher la récompense qu'Elena m'a promis si je venais à sa quinces.

    - Tu t'es trompé de maison.

    - Je suis à la bonne maison.

    Ashley tourna la tête vers Froy et cligna des yeux avant de lâcher des injures en espagnols.

    - Je n'y crois pas ! Elle s'est servie de moi pour que tu viennes à sa fête d'anniversaire ?

    - À vrai dire, c'était ma condition.

    - Ta condition ?

    - Elle devait s'arranger pour qu'on danse tous les deux.

    - Si ma mémoire est bonne, on a dansé tous les deux avant que tu ne me laisses en plan sur la piste de danse. Votre petit marché peu scrupuleux est donc terminé.

    - Ash...

    - La porte d'entrée se trouve au même endroit, dit-elle avant d'éteindre le robinet brusquement.

    Froy sortit son portable est activa la musique de son téléphone. Un air de piano retentit dans l'air puis la voix de Ed Sheeran se mélangea à la mélodie. Comme s'y attendait le jeune homme, Ashley s'arrêta brusquement de marcher. Il se dirigea vers elle et se posta devant, avant de poser sa main sous son menton pour l'obliger à le regarder.

    - Danse avec moi.

    Ashley cligna des yeux et essaya de s'enfuir mais Froy la rattrapa l'obligeant à se retourner. Il lui attrapa la main droite, puis posa sa main gauche derrière son dos. Froy sentit la jeune femme tressaillir légèrement lorsqu'il se rapprocha d'elle un peu plus. Ils se mirent à danser en silence au son de la musique et des battements de leur cœur. Il la fit tourner sur elle avant de la serrer cette fois si dans ses bras, la plaquant entièrement contre lui.

    - J'ai exaucé ton vœu alors pourquoi es-tu ici à me torturer... murmura-t-elle doucement.

    - Parce que je t'aime, chuchota-t-il.

    Froy desserra sa prise permettant à Ashley se s'éloigner légèrement de lui.

    - Je croyais que te tenir éloigner de moi te permettrai d'être en sécurité mais je me rends compte que je suis qu'un crétin égoïste...

    Il lui caressa sa joue puis ses lèvres tout en plongeant son regard dans ses magnifiques yeux sombres.

    - Tu m'appartiens Ashley Alvarez et je suis prêt à tuer tous ceux qui oseraient s'approcher un peu trop près de toi où te feraient du mal.

    - Froy...

    - Je t'aime, répéta-t-il en espagnol avant de fondre sur ses lèvres.

    Le cœur qui s'était mis en marche forcé dès qu'Ashley était partie de chez lui se remit à marche instantanément. Il commença à même battre la chamade lorsqu'elle colla son corps contre le sien. Un gémissement s'échappa de la bouche d'Ashley lorsque leurs langues se mélangèrent avec fougue. Froy souleva la jeune femme qui enroula ses jambes autour de lui avant de se diriger vers sa chambre. Il referma la porte avec le pied et s'assit sur le lit avec Ashley sur les cuisses. Elle lui enleva son t-shirt et l'embrassa dans le cou tout en faisant courir ses doigts sur le corps dénudé de Froy.

    - Tu me rends dingue, lâcha-t-il lorsqu'elle vient se coller sur son sexe en érection.

    Il tendit ses doigts vers les ficelles qui se trouvait derrière le corset de la robe et tira dessus avant de plaquer Ashley contre le lit.

    - Tu n'imagines pas à quel point j'avais envie de t'arracher cette robe devant ses toilettes, murmura-t-il avant de tirer la robe vers le bas et la faire glisser le long de ses jambes.

    - Rien que devant les toilettes ? répondit la jeune femme avec un sourire espiègle dont elle avait le secret.

    - Sur la piste de danse, dans la rue, dans ma chambre, dans mon salon, dans ton salon, murmura-t-il à son oreille tout en glissant sa main sous sa culotte. J'ai du avoir recours à une force inconsidéré pour ne pas te l'arracher.

    - Froy, gémit-elle lorsqu'il inséra deux doigts en elle tout en les faisant bouger.

    Froy afficha un sourire sur ses lèvres avant d'embrasser chacun de ses seins. Il sentit la jeune femme se cambrer sous lui lorsqu'il lui mordilla légèrement un de ses tétons avant de le sucer.

    - Froy...

    Une fois qu'il eut terminé avec ses seins, il déposa des baiser sur son ventre et descendit vers son intimité. Il fit glisser sa culotte le long de ses jambes puis embrassa l'intérieur de ses cuisses avant de se diriger droit vers l'objet de ses désirs. Il écarta ses lèvres et donna un coup de langue qui eut pour effet de faire décoller légèrement les fesses d'Ashley. Il lécha, suça son intimité brûlant de désir sous les cris de la jeune femme. Il la vit s'accrocher sur les draps puis se cambrer signe qu'elle était à deux doigts de jouir. Il stoppa net arrachant par la même occasion un cri de frustration à Ashley.

    - Pas maintenant, Mi bella, dit-il en se redressant pour enlever son jean et son boxer.

    Il attrapa un préservatif dans sa poche arrière et le déroula sur son sexe en érection tout en ne quittant pas des yeux la jeune femme qui le regardait intensément. Son cœur se mit à battre la chamade lorsqu'elle quitta ses yeux pour se poser sur chaque parcelle de son corps. Que lui arrivait-il ? C'était bien la première fois qu'il était si nerveux. Ses conquêtes ne cessaient de le détailler ainsi mais face au regard d'Ashley c'était autre chose.

    - La vue te plaît ? demanda-t-il avant de s'allonger sur Ashley.

    Froy sentit les mains de la jeune femme se poser sur son torse et le pousser de façon à être sur le dos.

    - Très, répondit-elle avec un sourire sur les lèvres. Tu n'imagines pas à quel point tu es beau.

    Froy émit un grognement lorsqu'Ashley se mis à califourchon sur lui avant de frotter son intimité contre son sexe.

    - Bordel, Ash, dit-il les dents serrées.

    - Oui ? Répondit-elle innocemment.

    Froy plaça ses mains sur les hanches de la jeune femme, plaça son sexe devant son intimité et entra en elle sans sommation. Un sentiment de plénitude l'envahit. Il se trouvait là où il devait être. En elle. Ashley posa ses bras autour de son cou et commença à faire des aller et venu tout en se collant contre lui. Il se pencha et lécha son sein droit avant de lui mordre un de ses tétons.

    - Froy...

    - Dis le encore, dit-il en s'attaquant à l'autre sein.

    - Froy... Froy... Froy...

    Son instinct possessif pris le dessus voulant ainsi lui faire crier son nom encore et encore au point qu'on l'entende à l'autre bout de la ville. Il retourna la jeune femme, la plaqua contre le lit et accéléra la cadence. Il entra à elle le plus profondément qu'il pouvait puis ressortait à l'extrémité avant de rentrer une nouvelle fois. Il émit un léger grognement lorsqu'elle encercla sa taille de ses jambes lui permettant d'aller plus loin.

    Froy baissa les yeux vers Ashley qui la regardait avec cette lueur dans ses yeux. Elle se mordit la lèvre inférieur et attrapa les draps dans ses mains avant de les serrer.

    - Ne te retient pas, mi bella.

    Froy sentit la jeune femme lâcher prise, elle s'agrippa à son cou comme à une bouée de sauvetage et jouis en même temps que lui. Il se retira d'elle, enleva le préservatif, fit un nœud avant de l'enrouler dans un mouchoir et le jeter à la poubelle qui se trouvait à côté du bureau. Il lui embrassa ensuite son épaule avant de l'attirer contre lui et de tirer la couette sur eux.

     

     


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  • Chapitre 5

     Ashley

    - Je peux savoir ce que vous faisiez ? S’emporta Trevor au pas de la porte. Ça fait 2h que la fête a commencé ! Vous avez perdu votre montre en chemin ainsi que votre portable ?

    - Rome ne s’est pas fait en un jour, dit Jensen avec un large sourire sur les lèvres.

    - Ce n’est pas Rome que tu étais en train de créer mais arranger la tronche de…

    Trevor arrêta de parler et ouvrit la bouche en grand, tout en clignant des yeux lorsqu’Ashley fit son apparition en bas du perron. Trevor descendit des marches puis fit le tour de la jeune femme avant de coller son visage sur celui de son amie.

    - Merde alors, souffla-t-il.

    - Quoi ? Dit-elle en le fusillant du regard.

    - Tu es jolie.

    - Très drôle, répliqua-t-elle sèchement avant de monter les marches tout en levant sa robe jusqu’en haut des genoux.

    - Alors ? Le résultat est magnifique. Tu ne trouves pas ?

    Ashley donna un coup de poing dans le bras de Jensen avant de rentrer et de saluer la famille ainsi que de souhaiter un bon anniversaire à Elena.

    - Tu es sublime ! Je savais que cette robe t’irait à merveille.

    Ashley s'apprêta à mettre plus bas que taire Elena mais stoppa net en sentant tous les regards braqués sur elle. Elle marmonna un merci avant de rejoindre ses amis qui se trouvaient à côté de la table à boisson. Ashley attrapa le verre que Jensen lui tendit et l’avala cul sec.

    - J’ai l’impression d’être le chaperon rouge parmi une meute de loup, maugréa la jeune femme en voyant un groupe de garçon la regarder sans la moindre gêne.

    - Tu n’avais cas pas choisir une telle robe toi aussi.

    - Comme si j’avais eu le choix. Ta cousine l’a échangé quand j’ai eu le dos tourné !

    - On avait pris une robe noire et moins subjective à la base, expliqua Jensen avec un sourire sur les lèvres.

    - Tu trouves ça amusant ? J’ai l’air d’une des chaudasses qui se promène au bahut. Il ne me manque plus que l’écriteau sur lequel est marqué : Venez prendre votre pied, je suis ouverte à tout !

    - S’il existe ce genre de fille au bahut je suis partant, répliqua Trevor en vidant son verre.

    - La première danse va commencer, dit Jensen en voyant la lumière se tamiser.

    Ashley vit Elena s’avancer au milieu de la piste avec Mario. Celui-ci avait laissé ses lunettes doubles foyer et devait certainement porter des verres de contact. Pour l’occasion, il avait enfilé un costume qui lui allait comme un gant.

    - Ce type est Mario ? Demanda Jensen surpris. Merde alors. Je ne le pensais pas aussi sexy.

    - Tu baves, répliqua Trevor en s’éloignant pour rejoindre sa mère qui lui faisait des grands signes.

    - Comme quoi un vilain canard peut se transformer en un magnifique signe.

    - Il doit avoir une marraine fée cachée dans son placard, ricana Ashley en portant ses mains à sa poitrine pour réajuster le bustier machinalement.

    - Arrête de faire ça, dit Trevor en lui donnant une tape sur les mains avant de réajuster à son tour la robe d’Ashley.

    - Ce n’est pas ma faute ! J’ai l’impression que ce truc va se foutre la malle à tout moment, dit-elle en désignant sa poitrine.

    - Si ce truc ce fou la malle ce sera juste parce que ses types qui te regarde comme de la chair fraîche t’auront sauté dessus.

    Ashley tourna la tête et vit un autre groupe de mec qui la regardait avec un regard de prédateur. La jeune femme étouffa une insulte lorsque l’un d’eux passa sa langue sur ses lèvres avant de porter sa main sur son entrejambe.

    - Petit con.

    - Okay. Ramène toi, on va danser avant que tu ne bousilles la quinces d’Elena.

    - Pourquoi je bousillerai la quinces d’Elena ?

    - Parce que je connais bien ce regard. C’est le même que tu as avant de sauter sur un gars pour l’émasculer.

    Ashley se laissa tirer sur la piste de danse par Jensen qui se dandina au rythme de la musique. La jeune femme ne pu s’empêcher de rigoler en voyant son meilleur ami faire la danse des poissons. Soit se boucher le nez et passer ses doigts devant ses yeux. Elle attrapa les mains de Jensen et essaya de le guider évitant ainsi qu’ils continuent à se ridiculiser mais peine perdu. Jensen lâcha les mains d’Ashley et sautait dans tous les sens tout en se trémoussant comme un enfant de 6 ans.

    - Ça suffit Pumba, dit Trevor en tirant Jensen hors de la piste de danse. Je crois que tu t’es assez humilié comme ça pour la soirée.

    - Tu ne connais rien à la danse, répondit Jensen tout en bougeant ses épaules de droite à gauche.

    - Ash ! Tu peux lui dire une bonne fois pour toute qu’il danse comme un pied !

    - Si je disais ça. Je n’aurais plus la chance de le voir danser, répondit-elle en rigolant.

    Ashley vit Elena s’éloigner de la piste de danse pour se diriger vers la porte qui menait dedans. Elle attrapa la main d’une personne qui semblait être un garçon et la tira hors de la maison. Ashley déglutit en voyant que cette main appartenait à rien d’autre que Froy. Celui-ci portait un jean délavé taille basse et un t-shirt noir. Ses cheveux en bataille retombaient sur ses magnifiques yeux bleus. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’Elena lui glissa quelque chose à l’oreille.

    - Qu’est-ce qu’il fou ici ? Demanda froidement Trevor.

    - Elena a du l’inviter quand on était au magasin… répondit Jensen.

    Ashley vit Elena tirer Froy vers la piste de danse et poser ses bras autour de ses épaules.

    - Si c’est enfoiré compte mettre ma cousine sur son tableau de chasse, il se fou le doigt dans l’œil, dit Trevor qui s’apprêtait à se diriger vers eux.

    - Froy ne ferait jamais ça. Calme toi, dit Jensen en lui retenant le bras.

    - Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? Cet enfoiré est un queutard. Il baise tout ce qu’il bouge. S’il n’est pas venu ici pour ça alors qu’est-ce qu’il fou là ?

    Ashley déglutit en voyant le regard de Froy se poser une nanoseconde sur elle. Était-il venu pour la voir elle ? Elle eu sa réponse en voyant le jeune homme poser ses mains sur les hanches d’Elena.

    - Froy est ami avec Elena au cas où tu l’aurais oublié.

    - Et toi, tu as tendance à oublier qu’il n’est plus notre ami depuis des lustres.

    - Ash. Tu peux me…

    - Je vais aux toilettes.

    Ashley se dirigea dans la maison puis s’arrêta devant la porte de la salle de bain en entendant des gémissements subjectifs derrière la porte. Elle s’apprêta à faire demi tour mais tomba nez à nez avec Froy. La jeune femme déglutit en sentant son regard s’attarder sur toutes les parties de son corps avant de venir se plonger dans ses yeux.

    - Tu attends un ticket pour ton tour ? Dit Froy en montrant la porte des toilettes par laquelle filtraient des cris d’extase.

    - Je faisais la queue pour te garder la place avec ta prochaine conquête.

    Ashley retient sa respiration en voyant Froy afficher son fameux sourire désinvolte. Pourquoi fallait-il qu’il fasse ce genre de chose alors qu’elle essayait de bâtir un mur indestructible pour éviter de tomber dans ses bras ! Elle sentit un boulet de canon percuter de plein fouet son mur indestructible lorsque Froy se pencha à son oreille pour lui murmurer d’une voix suave.

    - Je ne m’amuserai jamais avec toi dans des chiottes. Surtout vêtu d’une telle tenue.

    Ashley plongea ses yeux dans ceux de Froy et se mordit la lèvre inférieure. Elle mourrait d’envie de lui demander des précisions mais une partie d’elle retenait sa bouche sellée pour l’empêcher de parler.

    - Qu’est-ce que tu fous ici Sanchez, dit Trevor derrière eux.

    - Ça ne se voit pas ? Répondit Froy d’une voix désinvolte.

    - On ne veut pas de toi ici.

    Froy se tourna vers Ashley la fixant intensément avant d’ajouter :

    - Vraiment ?

    - Rentre chez toi. Tu n’es pas le bienvenu ici.

    - C’est moi qui l’ai invité, Trevor ! Dit Elena sèchement. Alors fou lui la paix.

    Ashley vit Elena s’avancer et prendre la main de Froy pour le tirer à l’extérieure de la maison tout en lançant un regard furax à son cousin.

    - Espèce d’insolente. Ma tante aurait du l’envoyer dans un vrai couvent et non une école privée de fille ! maugréa Trevor.

    - Elena est intelligente, jolie et gentille. Elle attire forcément l’attention de tous les mecs autour d’elle. Même si tu l’envoyais dans un couvent, il y en aurait des tas devant les portes à lui demander de sortir avec elle.

    Trevor s’éloigna tout en maugréant dans sa barbe pour montrer son mécontentement. Ashley quant à elle poussa un long soupir avant de rejoindre Jensen qui était en train d’enfourner une énorme part de gâteau.

    - Le gâteau est bon ?

    - J’ai l’impression d’être dans un restaurant à bouffe à volonté et que je n’ai pas l’autorisation d’y toucher…

    Ashley leva les yeux et vit Froy et Elena danser sur un morceau endiablé. Elle vit rouge l’espace de quelques secondes lorsque la jeune femme colla son arrière train sur Froy qui affichait un sourire sur les lèvres.

    - Je déteste ce genre de fête, continua de ronchonner Jensen. Ça me rappelle le fait que je resterai célibataire jusqu’à la fin de mes jours.

    - Tu veux danser ?

    - Oui ! S’écria Jensen en imitant une quinte de toux lorsqu’il s’aperçut que l’inconnu ne s’adressait pas à lui mais à sa meilleure amie.

    - Une aussi jolie demoiselle ne devrait pas rester dans son coin loin des lumières, poursuivit l’inconnu en lui tendant la main.

    Ashley attrapa sa main et se laissa entraîner sur la piste de danse ou un morceau de salsa commença à retentir des enceintes. Ashley plaça ses bras autour du cou du jeune homme qui plaça ses mains quand à lui sur ses hanches l’approchant un peu plus de lui. Ashley se mit à dandiner des fesses tout en restant collée à son cavalier qui bougeait au rythme de la musique. Elle baissa sa main droite vers sa main puis commença à faire des pas tout en continuant son déhanché. Ils tournaient, se collaient, se déhanchaient sous les sifflements des invités. Il leva sa main en l’air et la fit tourner encore et encore arrachant un sourire à la jeune femme. Il replaça ses bras sur son cou et ses mains sur les hanches d’Ashley qui continuait à se déhancher en rythme. La jeune femme s’apprêta à reprendre la main du jeune homme lorsqu’une main se posa sur la sienne et la tira loin de l’inconnu. Main qui se révéla n’être qu’autre que Froy. Celui-ci la regardait avec des yeux d’assassins. Ses yeux bleu azur avaient laissé la place à une couleur sombre. Elle le fusilla du regard avant de se tourner vers son cavalier mais Froy ne vit pas les choses sous cet angle. Il l’attira vers elle violemment et la serra contre elle avant de se mettre à danser entraînant par la même occasion la jeune femme dans son rythme. Froy posa sa main sur le buste de la jeune femme l’obligeant à se pencher en arrière avant de revenir vers lui. Son front contre le sien. Ses lèvres à quelques millimètres des siennes. Il commença à bouger sensuellement. Ashley voulu le repousser et s’éloigner de lui mais peine perdu. Ses instincts prirent le dessus et commencèrent à suivre les mouvements de Froy. Elle se colla un peu plus contre lui et commença à se déhancher. Un frisson la parcouru lorsqu’elle sentit les mains du jeune homme courir le long de ses bras pour les placer derrière sa nuque. Il posa de nouveau son front contre le sien et ferma les yeux avant de contracter sa mâchoire.

    - Être auprès de toi est un véritable supplice, murmura-t-il avant de s’éloigner d’elle la laissant seule sur la piste de danse.

    - C’était quoi ça ?

    Ashley détacha la porte vers laquelle venait de disparaître Froy et le reporta vers son meilleur ami qui affichait un visage furieux.

    - Rien.

    - Rien ? Vous étiez à deux doigts de vous sauter dessus.

    - Ne raconte pas d’idiotie, répondit Ashley en se dirigeant vers la table des boissons.

    - Je vous ai très bien regardé tous les deux. Tout le monde vous a regardé, rectifia Trevor plus furieux que jamais. Depuis quand vous sortez ensemble en cachette ?

    - On ne sort pas ensemble, maugréa la jeune femme qui sentait la moutarde lui monter au nez.

    - Je n’y crois pas… Vous avez couché ensemble !

    Ashley voulu répliquer pour lui rabattre le clapet mais aucun son ne sortit. Pourquoi continuer à le nier ? Ils avaient couché ensemble et avaient d’ailleurs faillit recommencer plusieurs fois depuis qu’elle était rentrée. Elle repensa aux sensations que lui avait donné Froy lors de cette danse mais aussi à chaque fois qu’elle se trouvait à proximité de lui. Même si son cerveau lui hurlait de s’éloigner, son corps, lui désirait autre chose. Froy.

    - Tu n’es qu’une salope, dit-il avant de s’éloigner à son tour plus furax que jamais.

    Cela faisait plusieurs minutes qu’Ashley marchait dans la rue avec pour seule compagnie des bruits de pneu crissant sur le bitume et des coups de feu au loin. Elle s’arrêta devant la photo d’une petite fille accrochée sur un grillage. Des peluches ainsi que des bougies allumées étaient réparties à même le sol. La jeune femme s’accroupit et caressa la photo du bout des doigts. Elle ignorait son nom, ni quel âge elle avait. Tout ce qu’elle savait c’était que lorsque cette petite fille était clouée au sol se vidant de son sang le dernier visage qu’elle avait vu avant de mourir n’était pas celui de sa mère mais le sien…

    Trevor avait raison. Elle était devenue une de ses dévergondées qui se promenaient la poitrine à moitié à l’air avec aucun pouvoir de contrôle sur son propre corps. Comment pouvait elle flirter ou même être attiré par une personne qui sème la mort autour de lui ? Elle repensa à ses parents morts lorsqu’elle était jeune sous les coups perdus d’une fusillade entre gang. La frustration laissa la place à la colère et l’envahit sur tous les pores. Si ses gens n’existaient pas alors la population n’aurait pas à subir la douleur d’avoir perdu un être cher. Si les gangs n’existaient pas cette gamine innocente avec ses deux couettes seraient dans son lit après avoir été bercée par sa mère et non six pieds sous terre. Si ce genre de personne avait été éradiqué avant, elle serait sur scène en train de danser sans penser à rien d’autre et non ici à entendre les gens lui dicter ce qu’elle doit faire ou non. Tout ceci était à cause de ses gens. Tout ceci était à cause de Froy. La colère qu’elle essayait de refouler éclata. Elle fonça vers la maison de Froy, franchit le portillon puis se dirigea droit vers Froy qui se tenait devant ses nouveaux amis une bière à la main. Elle ignora royalement les sifflements autour d’elle trop concentrer sur son motif de colère. Lorsqu’elle arriva enfin devant lui elle le poussa à deux mains tout en hurlant :

    - Tout ça c’est ta faute !

    - Ash ?

    - Si tu n’avais pas été là, alors ça ne serait jamais arrivé ! cria elle en le poussant de nouveau.

    Froy lâcha sa bière au sol et essaya de lui attraper les bras mais elle ne se laissa pas faire

    - Si vous n’existiez pas, tous ses gens seraient vivants ! dit-elle en se mettant à le taper après avoir vu que le pousser n’avait plus aucun effet. Je vous haïe !

    Ashley sentit la colère se calmer lorsqu’elle sentit les mains chaudes de Froy se serrer autour de ses poignets.

    - Ashley, calme-toi.

    - Je te haïe, murmura-t-elle d’une voix tremblotante avant de s’éloigner.

    - Ash ! Appela Froy au loin.

    Ashley franchit le portillon et traversa la route avant qu’une voiture ne passe.

    - Ash !

    - Lâche-moi !

    - Non.

    Ashley s’apprêta à le repousser mais Froy l’attira vers lui et la serra fermement. Elle essaya de se dégager de son étreinte mais peine perdue.

    - Lâche-moi, le supplia d’une voix chevrotante.

    - Jamais, murmura-t-il.

    - Je te déteste…

    - Moi aussi, dit-il en la serrant un peu plus contre lui.

    Ashley ferma les yeux et entendit les battements de cœur de Froy contre son oreille. La colère qui l’avait envahit quelques secondes plus tôt commença à s’effriter jusqu’à disparaître entièrement. Le monde d’Ashley commença à se refermer autour d’elle. Il n’y avait plus aucun coup de feu. Plus aucun bruit de sirène de police ou de pompier. Plus de crissement de pneu au loin. Plus de hurlement… Il ne restait plus que Froy et sa chaleur.

    Elle aurait pu rester ainsi pendant des heures si la sirène de confinement obligatoire n’avait pas retentit tout autour d’eux. Froy étouffa un juron avant de lâcher Ashley.

    - Il vaudrait mieux que je te mette à l’abri, dit-il en lui prenant la main.

    Ashley poussa un léger cri de douleur lorsqu’ils se mirent à marcher.

    - Est-ce que ça va ? Demanda Froy inquiet.

    - Ma cheville, répondit-elle en grimaçant.

    Froy se pencha vers elle et la souleva comme si elle était aussi légère qu’une plume. Ashley lâcha un hoquet de surprise lorsqu’il la fit sauter légèrement dans ses bras pour la ramener un peu plus contre lui. Elle leva les bras et s’accrocha à son cou comme à une bouée de sauvetage au cas ou que l’idée de la faire sauter de nouveau dans ses bras ne lui reprenne. Ils traversèrent le jardin, entrèrent dans la maison puis se dirigèrent directement dans la chambre de Froy sous les sifflements de ses amis qui s’était regroupés dans la maison. Froy alla vers le lit et déposa délicatement Ashley.

    - Ne bouge pas, dit-il avant de disparaître derrière la porte.

    Ashley fut envahit par l’inquiétude. Et si ses petits copains décidaient de se rendre dehors pour savoir ce qui se passait et protéger leur territoire ? Froy irait forcément les rejoindre… Elle se leva du lit et se dirigea vers la porte mais stoppa net en entendant qu’ils étaient en train de parler d’elle.

    - Cette gonzesse est un dragon enragé, répliqua le frère de Froy en espagnol. Dresse la, avant que je ne le fasse moi.

    - Je t’interdis de l’approcher, répondit Froy d’une voix menaçante.

    - Féliz à raison. Ce genre de fille n’est qu’un nid à problème, F.

    - C’est mon problème. Pas le votre.

    - Dans ce cas là, agis comme un Sanchez. Récupère ta queue et empêche la de la garder, répondit son frère.

    Les bruits redoublèrent subitement et des portes claquèrent à travers les sirènes stridentes de la police. Ashley se dirigea à cloche pied vers le lit et s’assit comme si de rien était avant que la porte de la chambre de s’ouvre. Froy plissa les yeux légèrement avant d’afficher un sourire amusé sur les lèvres.

    - On dirait que tu n’as pas perdu ta mauvaise habitude à écouter aux portes.

    - Je n’écoutais pas aux portes.

    - Pourquoi es-tu essoufflée alors ? demanda-t-il en arquant son sourcil droit.

    - J’ai essayé de faire des respirations rapides pour calmer la douleur.

    - Tu ne sais toujours pas mentir aussi à ce que je vois.

    Ashley se mordit la lèvre inférieure en le voyant sourire.

    - Je croyais que tu partirais.

    - Pour aller où ?

    - Dehors.

    - Nous ne sortons pas lors de la quarantaine. Nous nous regroupons tous dans un endroit et on fait passer notre temps en attendant que la sirène ne s’arrête, dit Froy en mettant la cheville meurtrie d’Ashley sur ses jambes.

    - Vous devez être des pros niveau jeu société alors…

    Ashley se retient de respirer attendant sa réponse. Elle espérait au fond d’elle qu’ils ne jouent qu’aux petits chevaux et non à des jeux qui lui aurait nécessité la dextérité de ses doigts et la dureté de son corps. Elle eu confirmation de ses pensées lorsque quelqu’un frappa à la porte. Froy se leva et se dirigea vers la porte.

    - Salut, beau gosse, dit une voix féminine.

    - Qu’est-ce que tu veux Mariéla ?

    - On va être bloqué pendant un certain temps. Ça te dirait qu’on joue toi et moi ? ronronna la dénommé Mariéla.

    - Je suis déjà avec quelqu’un.

    - Je peux partager.

    Ashley étouffa une insulte en voyant une main se poser sur le torse de Froy.

    - Désolé. Mais je déteste partager, dit-il en espagnol en fermant la porte au nez de la fille.

    Froy se dirigea de nouveau vers le lit, repris la cheville de la jeune femme et commença à faire de léger cercle circulaire.

    - Une de tes adversaires au strip poker ?

    Froy s’apprêta à répondre lorsque quelqu’un d’autre frappa à la porte. Cette fois-ci le jeune homme ne prit pas la peine de se lever pour ouvrir la porte.

    - Bébé ?

    - Fous le camp, Arabela.

    Des bruits de talons s’éloignèrent puis des imitations de loup se firent entendre derrière la porte.

    - Une autre adversaire au stip poker ? Demanda-t-elle en étouffant une pointe de jalousie.

    Pour toute réponse, Froy versa une crème antalgique glacée sur la cheville d’Ashley lui arrachant un léger cri de surprise avant d’entreprendre de la masser.

    - Tu as du te faire mal en dansant tout à l’heure.

    - À qui la faute…

    - À celle de ce type.

    Ashley essaya d’attraper la main de Froy qui massait exactement là où elle avait mal mais celui-ci la repoussa sans ménagement.

    - Aïe !

    - Arrête de bouger !

    - Tu fais mal !

    - Ça t’apprendra à danser avec quelqu’un d’autre que…

    - Chaton ?

    - Ce n’est pas possible ! T’as un harem chez toi ou quoi ? maugréa-t-elle.

    - Ton frère m’a dit que tu étais avec cette fille, continua à minauder la fille derrière la porte. Je peux me joindre à vous ?

    - Dégage d’ici, Kiti.

    - Chaton, supplia Kiti en grattant la porte.

    - Si tu veux, je peux vous laisser. Ta liste de joueuse potentielle va bien se finir un jour ou l’autre…

    Ashley essaya de se lever mais Froy la força à s’asseoir avant de se lever et ouvrir violemment la porte.

    - Le prochain qui vient me faire chier, je l’envoie direct à l’hosto, gueula-t-il assez fort pour se faire entendre.

    - Salut, ma belle, dit Kiti qui avait réussi à mettre un pas dans la chambre. Tu…

    - Toi dégage.

    Froy attrapa le bras de Kiti et la tira hors de la chambre avant de refermer la porte.

    - Très classe…

    - Quoi ?

    - Tu… Laisse tomber. Je ferai mieux de rentrer chez moi.

    - Je peux savoir pourquoi tu fais la gueule ?

    - Je ne fais pas la gueule.

    - Essaye de faire gober ça à quelqu’un d’autre. Je te connais Ash.

    - Si tu me connaissais si bien alors tu saurais la raison pour laquelle je fais la gueule !

    - Donc tu fais la gueule.

    - Je t’ai dis que non ! S’énerva Ashley en essayant de remettre sa chaussure à talon sur son pied.

    - Tu es jalouse de ses filles ?

    - Ouais, répliqua sarcastiquement Ashley. Je suis jalouse de ses filles qui se trimbalent les fesses à l’air et qui font la queue derrière ta porte pour coucher avec toi.

    Ashley finit par abandonner. Elle enleva ses chaussures, les prit dans ses mains et se dirigea vers la porte.

    - Tu n’es pas croyable !

    - Je ne suis pas croyable ? Répéta-t-elle en se retournant pour le fusiller du regard.

    - Tu es mal placé pour me reprocher de m’amuser avec des filles alors que toi tu te gènes pas de sauter sur le premier gars que tu rencontres à une soirée.

    Ashley envoya une chaussure sur Froy puis la seconde tout en vociférant des insultes.

    - Contrairement à toi. Je ne saute pas tout ce qui bouge ! Et ce type m’avait invité qu’à danser pas à m’envoyer en l’air dans le coin d’une pièce !

    - J’ai très bien vu comment il te regardait. Si je ne m’étais pas interposé, tu aurais fini dans ses chiottes tout à l’heure.

    - J’hallucine. Tu me prends pour une de ses pétasses avec qui tu baises ou quoi ? Je te signale que tu es le seul avec qui j’ai couché !

    - C’est ce qu’elles disent toutes.

    - Pauvre con !

    Ashley se retourna et se dirigea vers la porte avant de sortir en clopinant. Lorsqu’elle arriva dans le salon, un spectacle digne d’un film classé x l’y attendait. Une orgie de corps en sueur s’emmêlait les un sur les autres. Des filles à moitiés vêtues. Des fesses à perte de vue sans parler d’autre attribut masculin de toutes les tailles. Elle aperçut Kiti sur la commode, la poitrine à l’air, en train de se faire pilonner par un latino d’une vingtaine d’année. Sur le canapé une place, se trouvait le frère de Froy, accompagné de deux bombasses latinos avec des fesses proéminentes. Une des filles avait la tête baissée vers son entrejambe tandis que l’autre se trouvait sur l’accoudoir à rouler une pelle monumentale à Féliz.

    - Je t’avais dit qu’on passait notre temps comme on pouvait…

    Ashley cligna des yeux sous le choc par ce qu’elle voyait. Jamais elle s’était imaginée un seul instant pouvoir se retrouver devant ce genre de scène de sa vie. Elle tourna la tête vers Kiti au bord de la jouissance et commença à ressentir de la jalousie en s’imaginant le nombre de fois où Froy s’était retrouvé à la place de ce latino. Ashley regarda la porte et jugea la distance qui les séparait. Devant combien de corps en extase devait elle passer ? Une dizaine tout au plus et vu dont la façon ses mecs la regardait, elle n’avait vraiment pas envie de traverser. Qui sait ce qui pourrait lui arriver, si l’un deux, mettait la main sur elle… Et puis, que ferait-elle une fois dehors ? Si elle tombait sur les personnes que les flics recherchaient elle ne donnerait pas cher de sa peau. Et si elle tombait sur les flics, elle risquait de passer 48h sous les verrous avec les prostitués du coin en guises de camarade de cellules. Elle fit marche arrière et se rendit dans la chambre de Froy. Quelques minutes plus tard, Froy rentra à son tour dans la chambre.

    - Tu n’es pas allé t’incruster à votre petite orgie improvisée ?

    Froy lui lança un pack de glace en guise de réponse, alluma la chaîne stéréo avant d’aller s’installer dans son lit. Le dos appuyé contre le mur. Après quelques minutes de silence, il ouvrit la bouche la regardant avec ce regard froid qui avait le don de la déstabiliser.

    - Je n’ai pas à justifier mes actes, Ash. Je baise avec qui je veux et où je veux. Tu n’es pas ma mère, et encore moins ma meuf.

    - Je suis qui alors ?

    - Une fille qui commence à me faire perdre patience, soupira-t-il en se levant de son lit. Alors à moins que tu ne veuilles t’envoyer en l’air pour passer le temps, je te demanderai de te rester assise et de ne plus ouvrir cette bouche.

    Ashley attrapa le livre de science qui se trouvait sur le bureau et lui lança derrière la tête. Elle vit le corps de Froy se raidir avant de se tourner lentement vers elle.

    - Ne commence pas, Ashley.

    - Rester assise et ne plus ouvrir la bouche ? Répéta-t-elle en lançant un autre manuel de cours vers Froy. Tu me prends pour une putain de chienne !

    - Les chiennes apprennent au moins à obéir quand on leur donne des ordres ! répondit-il en rattrapant son manuel sans la moindre difficulté.

    Ashley attrapa un ballon de football américain posé sur un socle et s’apprêta à le lancer sur Froy qui se figea sur place en voyant ce qu’elle avait dans les mains.

    - Pose ça immédiatement, Ashley ! Ce ballon a été dédicacé par Roberto Aguayo !

    - Je m’en bas le steak !

    Ashley s’apprêta à le lancer de toutes ses forces sur Froy mais celui-ci fondit sur elle la plaquant sauvagement contre la porte la faisant ainsi lâcher le ballon au sol. Elle leva les mains pour le repousser mais celui-ci lui tenait fermement les poignets.

    - N’essaye même pas, le menaça-t-il en voyant la jambe d’Ashley bouger.

    - Lâche-moi.

    - Pour que tu me balances un truc dans la tronche ? Non, merci.

    - Lâche-moi ! Cria-t-elle.

    Ashley réussi à libérer sa main droite et donna un coup dans l’abdomen de Froy qui la lâcha immédiatement en poussant un grognement de douleur.

    - Bordel, de merde, Ash !

    - Désolée ! J’avais oublié ! Fais moi voir.

    - Je crois que tu m’as assez torturé comme ça de la soirée, dit-il sèchement en éloignant la main d’Ashley.

    - Laisse-moi voir !

    - Il vaut mieux pour nous deux que j’aille chercher Maria.

    - Ne raconte pas des bêtises. Je te promets de m’asseoir sur une chaise et de me taire après.

    - Ne t’approche pas de moi.

    - Je t’ai dit que j’étais désolée ! Fais moi voir !

    - Je t’ai dit non ! S’énerva-t-il.

    - Pourquoi tu refuses de…

    - Parce qu’aussi non je ne répondrai plus de rien !

    Ashley qui essayait d’attendre le t-shirt de Froy pour essayer de lui lever stoppa net son geste.

    - Quoi ? demanda-t-elle en clignant des yeux.

    - Tu ne m’aides vraiment pas en faisant cette tête, dit-il d’une voix basse.

    - Froy…

    - Je vais chercher Maria. Reste ici.

    Froy ouvrit la porte et s’apprêta à sortir mais Ashley l’en empêcha en le retenant par le dos de son t-shirt.

    - Reste, murmura-t-elle.

    Ashley sentit le corps entier de Froy se raidir. Elle aperçut dans le reflet du miroir en face dans le couloir qu’il avait fermé les yeux et contractait sa mâchoire.

    - Froy. Je…

    Froy se retourna brusquement, plaqua Ashley contre la porte et l’embrassa à pleine bouche. Elle essaya de se mettre sur la pointe des pieds pour placer ses bras autour du cou du jeune homme mais tout ce qu’elle réussi à faire c’est lâcher un léger cri de douleur étouffé entre leur baiser ardent.

    - Tu vas finir par me rendre dingue.

    - Froy, haleta-t-elle remplie de désir.

    Ashley sentit le corps de Froy se dégager subitement d’elle et un léger cri de frustration s’échappa de sa bouche. Elle posa son regard sur celui de Froy qui brillait d’une lueur intense. Sa respiration était saccadée et son corps tremblait légèrement. Il fit encore un pas à reculons lorsqu’Ashley fit un pas vers lui.

    - Froy ?

    - Tu ferais mieux de partir avant que tu puisses le regretter.

    - Froy…

    - Je fais ça pour ton bien, Ashley.

    - C’est à cause de ce que t’a dit mon oncle ?

    Ashley eut la réponse à sa question lorsqu’il tourna la tête pour éviter son regard.

    - Il n’avait pas le droit de te dire d’arrêter de me voir, Froy. Tout ça ne le concerne pas.

    - Il a juste confirmé ce à quoi je pensais depuis le premier jour où je t’ai retrouvé. Tu ne peux pas faire partie de mon monde, Ash. Il est beaucoup trop chaotique et morbide pour toi.

    - Tu as qu’à en sortir !

    - Je ne peux pas !

    - Pourquoi ?

    - Mon frère a besoin de moi !

    - Moi aussi j’ai besoin de toi !

    - Tu arriveras à survivre sans moi.

    - Qu’est-ce que tu en sais ! Quand j’étais à l’hôpital et qu’on m’a annoncé que je ne pourrai plus danser, j’ai cru que le monde s’écroulait autour de moi. La seule chose qui m’a permis de tenir c’est toi !

    - Tu trouveras quelqu’un d’autre qui te permettra te tenir et qui ne te mettra pas en danger toutes les minutes.

    - Je n’ai pas envie de trouver quelqu’un d’autre !

    - Ash…

    - Je t’ai…

    - Ne finis pas ta phrase !

    - Alors ne m’oblige pas à te la dire !

    - Si tu tiens autant à moi que tu le prétends alors respecte mon choix, Ashley. Arrête de me torturer à longueur de journée. Arrête de te montrer devant moi accroché aux bras de Trevor ou d’un inconnu. Arrête de sourire comme tu le fais. Arrête d’être aussi belle en t’habillant ainsi. Et arrête de me provoquer au point de me faire perdre les pieds.

    - J’arrêterai lorsque tu arrêteras toi.

    Un léger sourire effleura les lèvres de Froy en entendant la même phrase que le jeune homme avait sortie à Ashley 2 ans plus tôt avant qu’ils ne s’embrassent pour la première fois. Ashley s’approcha de Froy et posa ses mains sur son torse. Comme elle s’y attendait celui-ci ferma les yeux et contracta sa mâchoire essayant de contrôler ses pulsions qui prenait le dessus à chaque fois qu’elle le touchait.

    - Froy….

    - Si tu m’aimes autant que tu le dis alors sors de cette pièce sans un regard en arrière et met fin à mon supplice.

    Ashley détourna les yeux et laissa couler une larme le long de sa joue avant de se diriger vers la porte. Elle posa sa main sur la poignée et sortit de la chambre sans un regard en arrière. Elle traversa la salle à manger plongé dans l’obscurité. Aucune trace de l’orgie qui avait été organisé l’heure précédente mis à part un emballage de préservatif à côté de la porte d’entrée.

     

     


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